Yves Frenette

  • Que veut dire et qu'a voulu dire « être francophone » depuis le 18e siècle en Amérique du Nord ? Ce livre s'intéresse aux rapports entre les migrations, les langues et les identités au sein des francophonies nord-américaines. Il réunit dans un dialogue stimulant des bilans théoriques, des analyses fines et des portraits d'individus qui témoignent de leur vécu de francophone. Les nombreuses contributions qu'il contient sont signées par des spécialistes réputés dans des domaines variés, allant de la linguistique et de l'histoire à l'ethnologie et à l'anthropologie. Par la perspective multidisciplinaire qu'il propose, l'ouvrage s'avèrera un outil indispensable pour comprendre la réalité complexe de l'Amérique francophone ainsi que les nombreux enjeux qui l'ont traversée hier et qui s'y posent aujourd'hui.

  • Né à Deschambault (Québec) en 1849 et décédé à Argyle (Minnesota) en 1922, Charles Morin était un charpentier qui quitta sa paroisse natale et « voyagea » pendant plus d'une décennie dans plusieurs régions de l'Amérique avant de se fixer à demeure. Contrairement à la majorité de ses compatriotes, il sentit le besoin de coucher sur papier ses expériences. Non seulement les deux versions des mémoires de Charles permettent de documenter des pans de la grande migration des Canadiens français entre 1840 et 1930, mais elles sont aussi une fenêtre ouverte sur la langue de l'époque ainsi que sur la construction identitaire d'un participant à cette aventure collective.

  • Avec l'Anglaise et l'espagnole, la langue française façonne le paysage culturel de l'Amérique du Nord depuis quatre siècles. Ses locuteurs sont explorés, défriché, peuplé et chanté un continent vu comme neuf par les trois principales cultures européennes qui s'y sont implantées durablement. En commençant par la mise en place des premiers foyer s de peuplement à l'époque coloniale , cet ouvrage aborde l'histoire et la géographie de la population de langue française sur l'ensemble du continent, de ses mouvements d 'expansion et de contraction au gré des changements , voire des ruptures, économiques et politiques qui ont jalonné son évolution. Mouvements migratoires intercontinentaux, internationaux et interrégionaux; relations entre communautés francophones et celles d'autres cultures, dont l'anglaise et l'amérindienne; place du français dans les milieux minoritaires ; échanges entre francophones de diverses origines : ce sont là autant de sujets abordés par 36 spécialistes nord-américains et européens de la présence des francophones dans leur Amérique.

  • Depuis une vingtaine d'années, le thème des migrations est en vogue dans le milieu muséal, comme en témoigne la création de musées des migrations en Amérique du Nord, en Australie ou en Europe. Cet intérêt est stimulé par un contexte favorable aux migrations et à l'immigration en particulier. Il répond aussi à des enjeux sociaux et politiques contemporains. L'ouverture des frontières, le développement des outils de communication, des transports et des technologies ont favorisé les migrations, poussant certaines sociétés d'accueil à se redéfinir et à chercher des façons d'assurer l'intégration des nouveaux venus. Des nations nées de l'immigration ont pour leur part interrogé l'histoire des migrations, notamment pour construire une mémoire collective qui reconnaisse la pluralité des appartenances à l'origine de la construction du récit national. En tant que lieux de médiation, de conservation et de transmission du patrimoine collectif, les musées d'histoire et de société n'ont pas échappé à cette tendance.



    Ce recueil étudie la façon selon laquelle les musées s'approprient le thème de l'histoire des migrations et le mettent en exposition. Il dresse ainsi l'état actuel de la recherche et, ce faisant, propose une réflexion sur les rapports entre les milieux scientifiques et les lieux de diffusion des connaissances.

  • Il y a un peu plus de quatre siècles, des Français ont commencé à s'établir sur le territoire du Canada. Ils n'ont jamais cessé de le faire par la suite, mais leurs arrivées ont connu des rythmes très variables. Après la venue des colons à l'époque de la Nouvelle-France, la deuxième grande vague migratoire vers le Canada s'amorce en 1870 et se poursuit jusqu'en 1914. Pendant cette période d'un peu moins d'un demi-siècle, environ 50000 Français traversent l'Atlantique à destination du Canada. Cette période est au coeur d'un phénomène très vaste qui a été qualifié de Grande Migration transatlantique. Dans l'historiographie internationale relative aux phénomènes migratoires, les experts estiment que, pendant un peu plus d'un siècle, de 1815 à 1930, au moins 50 millions d'Européens traversent l'Atlantique en direction des pays du Nouveau Monde. Or, près des trois quarts de ces traversées sont réalisées pendant une période plus courte et plus intense qui va précisément de 1870 à 1914. Parmi les pays européens, la France est l'un de ceux qui participent le moins à ce mouvement. Cela n'empêche pas quelques centaines de milliers de Français de quitter l'Hexagone. Après les États-Unis et l'Argentine, le Canada est l'une de leurs destinations principales. Pourquoi et comment ces Français prennent-ils la route du Canada, où s'établissent-ils et comment s'intègrent-ils à la société canadienne?? Telles sont les grandes questions soulevées dans cet ouvrage.

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