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  • Comment avons-nous vécu les expériences de cette année incertaine, inquiétante, qui a déstabilisé nos repères, dérouté nos chemins, appauvri nos quelques certitudes, ruiné des existences et qui nous confronte désormais à des décisions difficiles ? Comment penser un après alors que la crise est encore là pour un longtemps et qu'elle a éprouvé notre démocratie dans ses valeurs essentielles ? Dans cet ouvrage, l'auteur reprend ses analyses qui constituent un retour sur les temps forts de cette première année de pandémie, sur les modalités de gouvernance, le processus décisionnel avec ses conséquences à tous les niveaux de la vie sociale. Du fait de sa position d'observateur engagé au plus près du terrain, il a contribué à nombre de réflexions portant notamment sur les choix en réanimation, la vie en ehpad (et là où les vulnérabilités humaines et sociales sont les plus fortes), les arbitrages institutionnels et les initiatives de proximité. Emmanuel Hirsch explore les divers aspects des réalités de la pandémie, scrute le processus décisionnel souvent défaillant, permet de comprendre ce qu'a été l'intelligence pratique des « invisibles » de notre République, héros pour quelques semaines et oubliés depuis. Son livre interroge la gouvernance solitaire et entre experts d'une circonstance imprévisible qui aurait d'emblée justifié une concertation publique. En cette situation exceptionnelle, la vie démocratique a été confinée alors que lutter contre un phénomène de cette ampleur n'est possible qu'en mobilisant l'ensemble des composantes de la société. Au-delà d'un constat rigoureux, le propos est critique et engagé, car l'un des objectifs de ce livre est de donner à penser comment vivre le long terme d'une crise globale révélée par le choc d'une pandémie.

  • En quelques années, les technologies numériques ont bouleversé notre vie publique, nos habitudes familiales et même notre intimité. Les parents et les pédagogues en sont souvent désorientés. Les balises que j'ai appelées « 3-6-9-12 » donnent quelques conseils simples articulés autour de quatre étapes essentielles de la vie des enfants : l'admission en maternelle, l'entrée au CP, la maîtrise de la lecture et de l'écriture, et le passage en collège. A nous d'inventer de nouveaux rituels.

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  • "Ce livre se penche particulièrement sur la question de l'excès d'amour, que ce soit l'amour fou de la mère pour son bébé ou l'amour fou de l'adolescent pour l'autre tant désiré.

    Comment se joue l'amour fou dans la rencontre entre le bébé et sa mère ? Se rejoue-t-il  à l'adolescence ? La dimension hallucinatoire de la première rencontre entre le bébé et sa mère jusqu'au drame triangulaire de la tragédie oedipienne de l'enfance est-elle réactivée dans l'après-coup du coup de foudre amoureux de l'adolescence et de la jalousie des pairs ? à partir de leur expérience clinique, les auteurs se penchent sur la nécessité de mieux différencier l'amour fou de la passion amoureuse. L'amour fou évoque une attraction irrépressible à la fois pulsionnelle et passionnelle : pulsionnelle où la source et l'objet se confondent ; passionnelle où le complémentaire et l'identique s'estompent. L'amour fou pose la question des modalités d'un travail analytique et en particulier des obstacles au transfert, tout autant avec le couple mère(père)-bébé qu'avec l'adolescent."

  • Les auteurs témoignent d'une pratique clinique avec des travailleurs sociaux et tentent d'en tirer les leçons : il s'en dégage à quel point le management est en train de tuer dans l'oeuf ce qui fait la spécificité du travail social.

    Que dit-on à un patient alcoolique qui vient s'écrouler parce qu'il va perdre sa femme ? À une caissière de supermarché qui ne peut plus suivre la cadence ou ne parvient pas à retourner travailler sans « la boule au ventre » ? Aux parents qui viennent consulter avec un adolescent, le casque sur les oreilles, et qui décrivent une addiction aux écrans et des résultats scolaires en chute libre... ? À un éducateur qui doit faire face à un enfant autiste en crise ? Que dit-on à ces jeunes sujets qui se décrivent harcelés sur Facebook ou abandonnés par un copain et incapables de vivre ? ... Dans le séminaire « Pour une clinique du quotidien », un participant tiré au sort est invité à décrire son service et sa mission, à énoncer sa fonction et à parler d'une situation avec laquelle il/elle rencontre une difficulté, est traversé(e) par une question ou un doute. Le postulat de base est qu'il n'y a pas de « bonne réponse » mais qu'il y a néanmoins quelque chose à en dire, que ce quelque chose rend compte d'une rencontre unique entre un intervenant social et un patient et que, de cette rencontre seule, un soulagement, peut-être, surgirait.

     

  • « Au début, vous vous figuriez que cet enfant, votre enfant, serait le plus beau du monde, le plus intelligent, le plus doué, le plus aimant, le plus tout ce que vous pouviez imaginer. Mais vous allez devoir déchanter parce qu'aucun enfant ne vient au monde pour satisfaire les rêves de ses parents, parce qu'aucune puériculture n'est simple, aucune éducation aisée, parce qu'être parent, parfois c'est galère, parfois c'est super, parce qu'accompagner un enfant sur les chemins de la vie, c'est un vrai engagement, quotidien, lourd, riche. Vous serez ravis, émerveillés par la petite, le petit, qui vous donnera du peps, du bonheur, qui vous fera sourire, pleurer, penser. Et à d'autres moments, vous serez éreintés, démoralisés, perdus, contrariés, déprimés, enfin bref si c'était à refaire, le referiez-vous ? Ben oui, vous le referiez. Parce que vous allez survivre à ces moments, trop bons ou trop pénibles. Vous allez trouver par vous-même les moyens de tenir, de durer, de bien vivre, de bien faire.

    Immanquablement sur votre route, vous allez croiser ces nouveaux papes de la parentalité, bienveillante la parentalité, non-violente, compréhensive. Ils vous ont dit de ne pas vous inquiéter, qu'ils allaient vous donner les moyens de bien faire, qu'on a enfin trouvé la méthode miracle pour élever les enfants dans la paix et l'harmonie. Imaginez, finis les conflits, les prises de tête, les pétages de plomb, le burn-out et la déprime ! Contre quelques euros, vous avez acquis la notice, et vous vous êtes persuadés qu'à la course à l'enfant parfait, vous alliez finir prem's. Alors, vous l'avez gagnée votre médaille de parents zéro déchet ? Vous avez pu vous connecter au flux de la bienveillance et de l'empathie et vibrer à hauteur de l'illumination parentale ? Vous l'avez retrouvée cette positive attitude qui, immanquablement, a fait de vous des parents merveilleux, de vos enfants des enfants merveilleux, de votre famille une famille merveilleuse ? Comment ? Non ! Ce n'est pas possible, je ne vous crois pas, vous avez vraiment bien appliqué les techniques, les recettes, les 10 commandements et les 14 outils de la parentalité positive ? Vous vous êtes bien servi des 5 clés pour tout comprendre de votre enfant ? Vous avez soigneusement lu et administré ces petits guides à l'usage des parents positifs, ces kits de démarrage, ces fiches outils du « Parent bienveillant » ? Vous êtes bien allés aux ateliers ? Quoi ? Vous avez fait tout cela ? Et vous n'avez pas su trouver votre bonheur et celui de votre enfant ? Malgré tout l'outillage contemporain du parent moderne qu'on vous a distribué ? Oh ! Là, il y a un `blème... Vous avez un problème. Bien sûr, à cet instant précis, vous lisez « vous êtes un problème » parce que si les promesses de la parentalité positive ne se sont pas réalisées, c'est de votre faute n'est-ce pas ? C'est vous qui ne savez pas faire. Ouh, les parents qui se ratent ! La honte ! Pas fichu de bien faire avec leur gosse, bouh ! Et voilà qu'au lieu de contribuer à révéler vos « compétences » parentales, la super méthode clés en main ne fait que vous culpabiliser davantage.

    Allez, ne vous inquiétez pas, prenez ses conseils comme ils sont, lénifiants parfois, de bon sens d'autres fois, cucul-la-praline aussi et carrément insupportables encore. Et continuez, tranquilles, votre petite traversée de la vie avec enfant, par grand beau temps et mer calme mais aussi tempête et houle. Cultiver le bonheur en famille, développer l'équilibre des enfants et rendre leur vie future harmonieuse et sereine n'est pas une mince affaire. Parfois vous serez des parents 100% positifs, parfois juste 100% nuls. Et ce n'est pas grave. Pis, c'est normal. Parce que vivre, du mieux que l'on peut, cette incroyable et folle aventure de la parentalité, c'est pas évident. Mais vous y arriverez. »

  • Avec ces cent mots, pour une profession longtemps restée sans mots, Philippe Gaberan parle de pratiques éducatives, dans un langage simple, mais non simpliste. En analysant ce qui se trame entre Soi et l'Autre, entre l'éducateur et la personne accompagnée, il fait le lien entre les actes posés au quotidien et le sens que ceux-ci prennent au regard des objectifs éducatifs. Au-delà des définitions, ce dictionnaire jette un pont entre l'apparente banalité des gestes quotidiens et leur fondamentale répercussion sur le développement de l'être. Il n'est pas à laisser dans la bibliothèque mais à intégrer dans la trousse à outils que tout professionnel devrait avoir à porter de main, comme tout artisan qui se respecte. Car le métier d'éducateur relève d'un savoir faire dont la complexité n'est pas toujours bien perçue parce que souvent trop mal exprimée. Philippe Gaberan, éducateur spécialisé, formateur et chercheur en travail social à l'ADEA de Bourg-en-Bresse.

  • L'avènement de « l'individu total », de celui qui ne doit rien à la société mais peut en revanche tout exiger d'elle, construit une société de « l'immonde », caractérisée par la disparition de la limite reconnue collectivement.

    Le fait de nous être libérés à juste titre des carcans du patriarcat et du religieux nous a laissés croire que nous n'avions plus à nous soucier de la construction de la réalité psychique, que nous serions d'emblée des êtres libres et autonomes. Notre fascination pour les progrès scientifiques et technologiques nous a rendu sourds et aveugles à ce qui fait notre humaine condition. Pourtant, nous sommes et restons des êtres de langage - des parlêtres - forcément dépendants des premiers autres, souvent les parents, et de la société dans laquelle nous vivons, et à partir desquels nous nous construisons comme sujets, et non comme des individus autonomes, voire autoengendrés.

    L'auteur analyse les conséquences - sur la vie psychique, la vie politique, la clinique, l'éducation - de cet individualisme exacerbé qui a déconnecté le citoyen de son implication dans le lien social. Il montre la place que les psychanalystes ont aujourd'hui encore à tenir, alors que le risque d'une aliénation sociétale, qui se méconnaît elle même, est sans précédent dans l'Histoire.

  • Irrités de voir leur profession caricaturée et sous-estimée, des psychanalystes ont décidé de rédiger ce texte, coordonné par deux psychanalystes, un psychologue et un psychiatre.

    Les auteurs défendent l'idée que la psychanalyse a désormais gagné le droit d'inscrire ses travaux cliniques dans l'ensemble du paysage culturel français. La période actuelle leur imposant de mieux décrire la portée de l'inédit freudien, ils font valoir leur spécificité au milieu des avancées des sciences cognitives, des neurosciences ou de l'intelligence artificielle. Face à l'explosion des technologies du numérique et de leurs applications, face aux nouveaux médias et à l'émergence de la post-vérité, les psychanalystes occupent une place qu'ils tiennent à mieux faire connaître.

  • Lire l'entretien avec Anna Tardos et Geneviève Appell

    À travers de nombreuses descriptions, photos et séquences vidéo, Geneviève Appell nous invite à partager son regard sur le bébé et à nous émerveiller de voir chaque enfant développer à sa manière ses propres compétences pour peu qu'il soit accompagné par des adultes attentifs dans un environnement à la fois riche et sécurisant. 

    En s'appuyant sur les travaux originaux d'Emmi Pikler et sur leurs implications pratiques pour le bien-être quotidien de Bébé, elle nous livre ses propres observations et découvertes qu'elle accompagne de nombreuses propositions concrètes pour aider les parents et les professionnels à trouver leur chemin avec un tout-petit. 

    Cette approche réfléchie et empathique, qu'elle décrit minutieusement, n'a rien d'exotique. Proche de nos manières d'être et de faire habituelles, elle s'en différencie par des détails apparemment minimes mais porteurs d'effets importants. En effet, quand l'adulte a confiance en la force de développement de Bébé, il lui donne la possibilité d'être actif par lui-même dans une tout autre dynamique que « l'apprentissage classique ».  

  • Danièle Linhart analyse en quoi la logique du management moderne n'est pas si éloignée de celle qui a prévalu dans le taylorisme. Dans les deux cas - déshumanisation et sur-humanisation - c'est la dimension professionnelle des salariés qui se trouve attaquée.

    Désormais le management moderne revendique l'idée que le salarié est avant tout un être humain dont il faut prendre en considération les besoins, les aspirations, comme les faiblesses. Ce livre montre que derrière cette idée louable s'organise en réalité une disqualification des métiers, de la professionnalité, de l'expérience qui tend à renforcer la domination et le contrôle exercés par les dirigeants. Gérer les salariés en fonction de leur seule condition humaine, c'est nier le fait qu'au travail, ils tiennent des rôles, exercent des fonctions dont ils sont les experts et qui mettent des limites à l'envahissement de leur vie personnelle.

  • Lire l'entretien avec l'auteur

    Sollicitée par la grande presse brésilienne, Betty Milan a tenu pendant longtemps la rubrique du Courrier du coeur. En répondant en écrivain qui a une formation analytique aux lettres des lecteurs, elle s'est attachée à développer une nouvelle forme d'éducation sentimentale en phase avec les interrogations de notre époque.

    « Pour répondre aux questions, en mettant en relief les mots utilisés, les lapsus et les répétitions, je souligne ce qui est important pour que mon correspondant puisse découvrir la raison de sa souffrance.

    Ce qui me guide, c'est le désir de faire passer deux idées de base. La première, c'est qu'il est aussi important de se libérer des préjugés que de la tyrannie du sexe. La liberté sexuelle dépend de la liberté subjective, qu'aucune révolution ne saurait enseigner. Le sexe n'est libre que s'il échappe à l'incrimination, à la contrainte et à la compulsion. La seconde idée, c'est que pour s'affranchir de son inconscient, il est nécessaire de prendre en compte son existence et interpréter ses manifestations quand il le faut. » BM

  • L'adolescence est, pour la psychanalyse, la naissance d'un sujet, c'est-à-dire l'aventure fondatrice de la subjectivité. L'adolescence est aussi un passage mortel : alors que meurt le corps de l'enfant, doit naître celui de l'adulte. Meurt également, et ainsi, l'ancienne fonction de parent, malgré les nouvelles difficultés que cela engendre. Le passage de l'enfant à l'adulte constitue, plus souvent qu'on ne le pense, une traversée périlleuse. En même temps que l'urgence-planète - et allant de pair avec celle-ci -, il y a une urgence-adolescents dans la mesure où, tout compte fait, ils seront les seuls à pouvoir la sauver et se sauver avec elle.

     

  • Cet ouvrage est décisif pour comprendre l'impréparation dans laquelle s'est trouvé notre système hospitalier face à la pandémie due au coronavirus. Après l'effet de sidération provoqué par la crise sanitaire, comment reconstruire l'hôpital ?

    Des réorganisations permanentes, à partir des années 1980, ont imposé un modèle en rupture avec les valeurs traditionnelles présidant aux activités soignantes. Devant l'explosion des demandes de santé et l'augmentation des coûts, les responsables politiques ont proposé réforme sur réforme sans parvenir à une régulation d'ensemble. Entre logiques défendues par les soignants et celles incarnées par les gestionnaires, la norme s'est imposée comme la figure d'une action neutre, légitime parce que scientifique, mesurable et modélisante. Elle s'est généralisée au détriment de l'attention aux situations concrètes provoquant ainsi des décrochages entre la vision centrale abstraite et celle du terrain.

    A partir d'un véritable travail clinique mené dans la durée et dans l'épaisseur des fonctionnements hospitaliers, l'auteur dégage de nouvelles voies pour reconstruire l'hôpital en réconciliant les différentes logiques - médicale, soignante, gestionnaire - pour ne pas oublier que soigner, c'est d'abord de la présence, du soin humain et technique, des équipements, des lits, et pas seulement un processus optimisé.

  • Depuis toujours les discours ont construits des mythes universels du féminin. Ils parlent de la femme qui n'existe pas, non de celles qui existent : nulle femme n'est comme Ève sortie d'un homme, nulle n'a conçu comme Marie sans
    semence. Ces figures universelles ont une fonction de symptômes, elles soutiennent le système symbolique en inscrivant ses points d'impossible, d'absurde, d'achoppement, elles ne disent rien des féminités. Le siècle dernier a objecté massivement à la description freudienne d'un féminin entièrement dépendant d'une grammaire phallique où il s'inscrit en défaut au regard d'un genre masculin en excès. Et il a objecté également à la loi sexuelle entre un genre qui a et l'autre qui est, dont Lacan a fait remarquer qu'il y avait là non pas un rapport sexuel mais un rapport de deux sexes. Les femmes ont intégré les discours, comme sujets de parole, ce qui est désormais le seul universel reconnu, les deux sexes sont maintenant assemblés dans les discours. Il reste qu'une féminité comme telle ne dépend pas du discours universel, elle se définit ailleurs, en plus, autrement, elle se déploie une par une, elle est unaire ou singulière. Que peut avoir de commun, par exemple, Thérèse d'Avila au xvie siècle, la sainte de la Contre-Réforme, livrant ses extases en Dieu, avec Lady Chatterley au début du siècle dernier, où s'écrit avec précision comment boîte ce qu'on appelle le rapport sexuel ? Comment saisir ce qui ne se manifeste que hors discours ? Pourtant ledit continent noir n'est pas l'Afrique mais se situe tout près des discours, où les féminités interviennent du dehors, une par une, pour tresser l'amour autrement, animer les causes du désir, les jouissances qu'ils distribuent.

     

  • Qu'il s'agisse de l'anorexie sexuelle, de la dépendance affective, des addictions sexuelles, de l'amour de la haine, de la recherche de l'amour impossible ou encore de la dissociation du désir sexuel et du sentiment amoureux, nombreuses sont les configurations cliniques qui parlent de cette grande difficulté à aimer et à être aimé.

    Lorsque le lien amoureux est malmené ou blessé, certaines « défenses anti-amour » sont susceptibles de se mettre en place pour prévenir le risque de l'amour et de ses douloureuses séparations. Tandis que certaines stratégies sont délibérées, volontaires et conscientes, d'autres, plus inconscientes, sont beaucoup plus complexes à débusquer.

    À partir de ses recherches cliniques sur la vie amoureuse et les sexualités, Vincent Estellon explore la psychopathologie du lien, de ses formes les plus quotidiennes jusqu'aux plus extrêmes, en mettant en relief combien ces différentes figures prennent comme origine la terreur d'aimer et d'être aimé. Insistant sur l'importance d'un soin psychanalytique, il propose de se servir de la relation thérapeutique pour revitaliser la confiance dans le lien mise à mal par ces maladies d'amour.

  • Cette réflexion d'ensemble sur le travail de l'éducateur est devenue un ouvrage de référence pour tous ceux qui s'engagent auprès d'enfants ou d'adultes en difficulté. À partir d'un regard critique sur un demi-siècle d'éducation spécialisée, les auteurs relient dans une même perspective tradition et modernité, pour dresser un large panorama des pratiques éducatives.

    Alors qu'aujourd'hui le terme générique de travail social ou d'intervention sociale a tendance à s'imposer, les auteurs réaffirment la pertinence de distinguer la place de l'éducation spécialisée et d'en définir les enjeux. Plus que jamais les compétences pour accompagner les personnes, enfants, adolescents ou adultes, dans le moindre des actes d'une vie quotidienne, requièrent des éducateurs formés, responsables, conscients de leur action. Maurice Capul et Michel Lemay leur offrent un outil de premier plan auquel ils peuvent recourir pour fonder leurs interventions. À partir d'une synthèse de l'apport des disciplines des sciences de l'homme qui nourrissent le corpus théorique nécessaire à l'exercice des métiers de l'éducation spécialisée, ils recensent l'ensemble des techniques pédagogiques ou soignantes forgées dans la proximité des personnes accompagnées. À la fois théoriciens et praticiens, les deux auteurs échappent à tout enfermement idéologique ou toute querelle de chapelle qui viendraient priver les professionnels d'un accès à des matériaux conceptuels ou des outils pratiques adaptés à leurs métiers. À l'heure où d'inutiles tensions entre champs disciplinaires ou pratiques éducatives et soignantes freinent l'entrée dans cette complexité, l'esprit d'ouverture dont font preuve les auteurs fait à la fois la force et l'originalité de cet ouvrage.

  • « À la fois boîte à outils, manuel pédagogique et guide pratique, ce livre intéressera tant les professionnels aguerris que les novices, par la force de conviction qu'il véhicule et la riche expérience qu'il transmet : sonder les racines des comportements humains, donner du sens aux démarches administratives, transmettre un savoir-faire et un savoir-être.

    Patrick Tesson a eu cette fertile intuition d'articuler ces trois dimensions, offrant l'occasion au lecteur d'affronter le maquis de la réglementation, en donnant du sens à sa démarche ; de le nourrir de la richesse de la rencontre, en le convainquant d'être en situation autant de recevoir que de donner ; mais aussi de l'associer à cette réflexion conduite en permanence pour percer à jour les tenants et aboutissants de cette énigme qu'est et sera toujours l'être humain. Cette ambition, il l'a tout d'abord menée à bien en trempant sa propre plume dans l'encrier des vingt ans d'existence du "vivre avec" et du "vivre ensemble" de son lieu de vie et d'accueil : Les Alizés. Mais il a également voulu réaliser sa mission en installant sur l'écritoire ses compagnons d'aventure : salariés, stagiaires, bénévoles, ainsi que les jeunes accueillis qui livrent leurs souvenirs de leur passage chez le "père Tesson". [...] À l'heure où toute une génération passe la main, faisant de la place à du sang neuf, il est heureux que la transmission fasse son oeuvre.

    Ce livre m'a d'abord fait penser. Il m'a aussi fait rire. Et puis, il m'a ému. Mais, au crépuscule de ma propre carrière, ce qu'il m'a le plus apporté, c'est sans doute un coup de jeune. En refermant la dernière page, une envie m'a saisi : celle de créer un lieu de vie et d'accueil. Dans une autre existence, sûrement. » Jacques Trémintin, référent ase, journaliste à Lien social.

  • Tomber amoureux, enceinte, malade ; être successivement embryon, foetus, bébé, enfant, adolescent, adulte, parent, grand-parent, vieillard ; se séparer, déménager, migrer, vieillir, traverser un deuil, une épreuve existentielle, être saisi par une révélation esthétique... Toutes ces crises successives, ces passages ponctuent et sculptent nos vies. Sylvain Missonnier envisage ces mutations à travers le prisme des métamorphoses qui mobilisent les virtualités les plus fécondes de notre être mais au prix d'une commémoration, parfois vertigineuse, de notre fragilité humaine. Entre errances labyrinthiques et purges cathartiques, la condition humaine trouve dans ces métamorphoses silencieuses souvent, bruyantes parfois, la véritable signature de sa créativité indissociable de sa précarité. A partir d'expériences personnelles, professionnelles et en écho avec la littérature et le cinéma,  l'auteur explore plusieurs figures de la métamorphose et tente d'en extraire les prémices d'une clinique des processus de mutation.

  • Connu pour son approche psychanalytique du vieillissement et son expérience de formateur dans de nombreuses structures publiques ou privées, l'auteur propose un concept original de fonctionnement d'un ehpad, adapté au XXIe siècle.

    Le coronavirus a révélé bien des défaillances dans les ehpad. Il est venu bouleverser des concepts dépassés et des méthodes d'accompagnement inadaptées. L'auteur décrit avec minutie la proposition d'un nouveau fonctionnement au quotidien, en ehpad, dans le respect de la dignité de chacun, et la mise en place d'un accompagnement thérapeutique des adultes âgés atteints d'une maladie de type Alzheimer. Au coeur de ses préoccupations se retrouve l'idée que soigner l'institution agit comme un moteur de la vitalité et de la continuité des liens, dans ces lieux de vie que sont les ehpad. Dans leur préface, Sophie de Heaulme, psychologue, et José Polard, psychanalyste, président de l'association « ehpad de côté - Les pas de côté », présentent les fondements de la psychothérapie institutionnelle, son actualité et sa pertinence pour penser une nouvelle organisation des établissements pour sujets âgés.

     

     

  •  « Qu'y a-t-il de vif, de libre, d'intransigeant dans la transmission de la psychanalyse ? Voici, de la part de Charles Melman, une suite de séminaires qui s'empare sans ambages de cette question. Face au déclinisme pompeux qui met du pathétique à la place de la recherche, ces paroles d'enseignement ont presque un caractère allègre et ne jouent pas la profondeur facile d'un choix de thèmes étiquetés importants et graves. La gravité est perceptible après coup, au détour d'un éclair de pertinence clinique, un peu comme dans la psychopathologie de la vie quotidienne de Freud. Le comique abyssal de l'inconscient éclaire d'un jour nouveau et exact nos symptômes les plus désespérants, et propose ici, à la place de la commémoration névrotique, un lieu possible d'invention. » Christiane Lacôte-Destribats

  • Le réel est dépourvu de sens, ce qui ne veut pas dire qu'il est sans représentation. Très tôt, Lacan l'énoncera dans son oeuvre. Et c'est par le biais du symptôme que l'analysant donne au psychanalyste les moyens d'appréhender ce qui se passe pour lui dans le réel. Cet ouvrage met au travail cette notion, que Lacan reprend et élabore tout au long de son enseignement, comme une recherche en lien avec la clinique.

    Pour les sciences, voire pour « la Science », cette notion de réel, tout aussi importante, se révèle indispensable à son élaboration.

    Des psychanalystes et des scientifiques de renom montrent en quoi le réel compte dans leur discipline et dans leurs recherches. En toute intelligence, les différences étant évidemment marquées, les exposés des deux approches viennent alimenter un débat d'une brûlante actualité. Ce dialogue vigoureux ouvre des perspectives passionnantes pour un travail encore en chantier.

  • La télévision à destination des bébés pose des problèmes graves et spécifiques sans commune mesure avec ceux de la télé pour les enfants. Avec elle, il ne s'agit plus seulement de gérer l'incursion télévisuelle en termes de qualité des programmes et de contrôles du temps passé devant l'écran. Il s'agit de savoir quel type de société et d'êtres humains nous voulons pour l'avenir. La télévision pour les bébés n'est qu'une pièce du gigantesque dispositif que les marchands de temps de cerveau disponible construisent pour imposer leurs repères et leurs valeurs. Mais cette pièce est essentielle parce qu'elle est un véritable cheval de Troie dans la sensibilité et les représentations de nos enfants. Une fois installée, elle leur ouvrira toutes grandes les portes de leur esprit. Cette raison serait déjà bien suffisante pour que la résistance s'organise, mais il y en a d'autres. Toutes sont liées au fait que le bébé reste jusqu'à la fin de sa seconde année une sorte de prématuré physiologique dont l'organisation cérébrale inachevée nécessite des précautions particulières.

  • Non, la télévision pour les bébés n'est pas un divertissement sans danger ! Non, elle n'est pas un outil de découverte du monde ! Non, elle ne peut pas constituer un support d'échanges familiaux ! Et encore moins faire offi ce de nounou ! Chez les bébés, la télévision ne s'appuie pas sur des repères déjà élaborés, elle participe à la construction de leur cerveau, de leur psychisme, de leur rapport aux autres. Elle n'est qu'une pièce du gigantesque dispositif que les marchands de « temps de cerveau disponible » ont imaginé pour imposer leur vision du monde et leurs intérêts. Cette nouvelle édition d'un ouvrage précurseur paru en 2007 enfonce le clou en citant plusieurs travaux de recherche publiés depuis. Ceux-ci montrent sans ambiguïté que divers troubles cognitifs et relationnels mesurés à 13 ans sont corrélés au temps passé devant un écran de télévision avant l'âge de 3 ans. Les parents, et tous ceux qui s'occupent des bébés, doivent tenir compte des dangers des écrans dans l'éducation des jeunes enfants.

     

  • Repenser l'amour aujourd'hui est-ce un anachronisme ? Le rapport entre l'Amour et le Transfert reste une des questions centrales de la psychanalyse qui concerne aussi bien sa pratique que sa théorie. Sait-on que c'est par le biais du transfert analytique que résident la plupart des guérisons psychiques ? En effet, continuer à vivre c'est souvent la gageure d'un transfert dont les composantes mettent en lumière, « mehr Licht », l'inconscient et les mécanismes psychiques.

    Dans ce troisième volet de son triptyque clinique - après L'inconscient pour quoi faire (érès, 2018), Les mécanismes psychiques de l'insconscient (érès, 2019) -, Jean-Richard  Freymann met en chantier les rapports entre les différentes formes de l'amour et les portées inouïes du transfert sur le plan thérapeutique et sur le plan analytique. Dans le monde contemporain, la dialectique Amour et Transfert prend de nouvelles formes singulières. Que peut-on faire aujourd'hui de la bisexualité fondamentale de l'être parlant ? Et comment comprendre chez les « psys » cet amour des formes de transfert ?

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