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  • Au centre de la clinique de l'activité en psychologie du travail, il y a les valeurs du «travail bien fait ». Mais est-ce une question morale ? Ce livre, qui tire les enseignements de longues années d'actions et de recherches sur les conflits ordinaires du travail concret, fait plutôt le choix de l'éthique. Morale et éthique ne sont pas synonymes. Dans le travail collectif, l'éthique consiste à prendre des libertés avec les habitudes, celles de l'organisation officielle mais aussi celles de chacun. C'est un vrai travail de Culture, pour reprendre une idée de Freud. Mais, en s'appuyant sur Spinoza et Vygotski, Yves Clot montre que ce travail de culture « marche » à l'affect, pas contre lui.

    Ce livre est à la fois une réflexion poussée sur les méthodes d'intervention en milieu professionnel et, grâce aux controverses qu'il instruit, un dossier sur le problème des valeurs en clinique du travail.

  • Suite aux attentats de 2015/2016, le gouvernement français conçoit dans l'urgence une réponse inédite pour détourner les jeunes du djihad. Un projet emblématique est alors au coeur de toutes les attentions : le centre de prévention et d'insertion à la citoyenneté (CPIC), vite et mal nommé « centre de déradicalisation ».

    Mais comment « déradicaliser » ? A quels professionnels confier ces jeunes ? Comment les accompagner ?

    L'ouvrage revient sur cette histoire méconnue, sur la base d'une enquête de terrain auprès des équipes du centre. Dans un style narratif axé sur les récits d'expérience, il plonge le lecteur en immersion dans le quotidien des professionnels, et tout particulièrement dans les aspects les plus ambigus et complexes de leur mission.

    Les auteurs proposent une lecture sociologique des désaccords et des conflits qui ont rendu impossibles la conception et la réalisation de ce travail de « déradicalisation ». Car derrière les murs et les grilles, se sont posés les termes d'un débat qui n'est pas clos, et qui constitue peut-être l'une des questions les plus centrales, les plus piégées et les plus mal posées de notre époque : qu'est-ce que la radicalité politico-religieuse et que peut-on faire pour la contrecarrer ?

  • Alors que leur mission est de soigner, quels rapports les soignants entretiennent-ils avec la mort ? Ce livre permet d'approcher et de rendre intelligible différents modes, souvent non-conscient, de gestion de la mort par les soignants. Grâce à des analyses contextualisées, on comprend pourquoi la mort est apaisée dans certains services et intolérable dans d'autres, pourquoi certaines morts sont plus difficiles que d'autres pour les soignants ou encore pourquoi certaines spécialités useront de la violence entre collègues, d'humour noir, quand d'autres privilégieront le collectif et le dialogue.

  • La clinique du travail s'est affranchie de ses origines médicales. Reste que la référence au soin imprègne les pratiques. Et la demande sociale en la matière est en expansion : soigner les « blessés » du travail, réparer les « déficiences », accompagner les « vulnérables », écouter les plaintes, faire disparaître les symptômes... aux risques toujours d'une individualisation de questions sociales, d'une externalisation à des prestataires de service tenus à la porte de l'organisation, d'une contribution à des processus de normalisation et donc aussi de relégation, voire d'exclusion. Sur cet axe santé/travail, ici encore les questions à instruire sont nombreuses. Quelles conceptions de la santé orientent les pratiques ? Comment approfondir cette double perspective qui tient en tension la conception du travail pathogène et celle du travail comme opérateur de santé ? Comment, au-delà de ces analyses, voire de ces diagnostics, concevoir l'action autour de cette problématique ? Quels dispositifs ? Quels instruments ? Yves Clot est professeur titulaire de la chaire de psychologie du travail du CNAM. Dominique Lhuilier est professeure, Chaire de psychologie du travail du CNAM

  • Définir la qualité du travail soulève la question de l'évaluation des critères retenus pour juger du produit fabriqué, du service rendu ou du soin prodigué et des activités pour y parvenir. La qualité est celle prescrite par les directions, mesurée, contrôlée et régulée par le management au moyen d'indicateurs de gestion. Mais on sait également combien cette évaluation peut varier selon les points de vue des clients/usagers/patients, des professionnels de première ligne, des différents métiers et niveaux hiérarchiques, de la direction, de la gestion financière, des organisations syndicales, ou encore des citoyens, de l'empreinte écologique, de la santé publique...

    L'auteur rend compte de la genèse et du développement d'un dispositif de dialogue sur la qualité du travail entre pairs, ligne hiérarchique, direction jusqu'au dialogue social dans l'usine de Renault Flins. Ce dispositif a été à l'origine d'innovations durables et généralisables (référents-métiers élus par les ouvriers, instance tripartite de « coopération conflictuelle » entre eux, la direction et organisations syndicales...) qui montrent qu'en agissant sur la qualité du travail, il est possible d'améliorer la santé des ouvriers, leur efficacité et les relations au sein de l'entreprise.

  • Au coeur du débat qui s'amplifie en France sur l'équilibre personnel et la santé au travail, les textes réunis dans ce recueil sont d'une actualité saisissante, tant les descriptions y sont minutieuses et les propos clairs sur les épreuves traversées collectivement au travail. Ils portent notamment sur la pénibilité du travail, l'intensification des contraintes organisationnelles, et leurs effets sur la vie extraprofessionnelle, mais aussi sur les questions essentielles que ces réalités posent en psychologie du travail : les rapports entre individu et collectif et leurs développements au moyen des pratiques d'intervention en milieu professionnel. Ergonome de formation, Dominique Dessors, décédée brutalement en 2007, a été l'inspiratrice, à travers ses enquêtes cliniques, de l'effervescence intellectuelle et sociale qui, au tournant des années 1980 et 1990, s'est manifestée autour de la psychopathologie du travail et de la psychodynamique. Avec la participation de Damien Cru, Marie-Pierre Guiho-Bailly, Pascale Molinier

  • Certains milieux de travail connaissent une véritable inflation des normes. Leurs finalités sont multiples : instaurer de la transparence, garantir au « client » un service de qualité, orienter et contrôler les comportements, responsabiliser les acteurs et les inciter à « l'excellence », mieux évaluer le personnel. En constituant un véritable corset, voire un carcan, ces normes peuvent empêcher les salariés de réaliser un travail de qualité, être une source de démotivation -  voire de souffrance au travail - et fragiliser les collectifs de travail en place. Elles peuvent aussi générer des actions de résistance, individuelles et/ou collectives.

    Damien Collard invite le lecteur à un véritable voyage au centre des organisations. A travers trois univers professionnels différents (les agents d'ambiance ou d'escale à la SNCF, les agents au contact avec les usagers d'une préfecture, les enseignants-chercheurs de l'université), il essaie de comprendre pourquoi et comment de nouvelles normes ont été instaurées. Sur la base d'exemples concrets, il en analyse les effets induits, pointe les risques de dérive potentielle pour la société toute entière et esquisse quelques pistes de réflexion pour repenser la question de l'évaluation du travail.

  • L'ouvrage présente des textes essentiels d'un des fondateurs de la psychopathologie du travail : ils éclairent, dans un langage accessible à tous, les débats contemporains sur les processus de dégradation de la santé au travail et d'exclusion des dits « vulnérables ». Cet ouvrage s'inscrit dans la lignée des rééditions de textes des fondateurs de la psychopathologie du travail initiées chez érès avec Le Guillant et Tosquelles. En s'attachant à la question de la fabrication des « inaptes », « handicapés », « vulnérables », du statut assigné et du traitement différentialiste qui leur est réservé et qui les installent dans l'exclusion, Claude Veil donne des outils pour comprendre les processus à l'origine de la souffrance au travail et agir dans le but de les transformer. Des textes d'une grande actualité. Claude Veil (1920-1999), psychiatre, médecin du travail, directeur de recherche à l'École des hautes études, a été l'un des fondateurs de la psychopathologie du travail dès les années 1945.

  • Le jeu est sur le devant de la scène depuis plus d'une décennie avec l'invasion des jeux vidéo, des jeux télévisés, des jeux de rôle grandeur nature, des jeux d'énigmes en groupe... La culture du jeu s'est introduite dans l'univers sérieux des adultes jusqu'à leur lieu de travail.

    Entre liberté et contrainte, illusion et réalité, l'usage des serious games favorise t-il la créativité en entreprise ? Quelles sont les conséquences du jeu sur le travail, l'équipe et la santé lorsque celui-ci devient obligatoire dans un dispositif de formation managériale ? La compétition fait-elle partie du jeu ? Sous couvert du jeu, les conflits éthiques peuvent-ils être gommés ?

    A partir d'une enquête approfondie dans le cadre de la formation de managers, Lydia Martin explore à la fois le dispositif, le rôle des formateurs et l'expérience des utilisateurs. Elle analyse le jeu à ces différents niveaux pour comprendre les enjeux qui le sous-tendent, mais aussi les conditions qui favorisent l'attitude ludique comme celles qui sollicitent l'anesthésie de la pensée et de la responsabilité dans l'exercice du métier de manager.

     

  • Dans nombre de branches professionnelles, comme les soins en gériatrie et l'enseignement du second degré, le personnel est confronté, dans son travail quotidien, à de fortes épreuves psychologiques et à de forts enjeux sociaux qui découlent des conditions actuelles d'exercice de leur métier. Dans un tel contexte, les situations « tiennent » souvent « malgré tout ». Mais c'est généralement au prix d'un engagement individuel qui met parfois en danger l'équilibre personnel ou la santé. Les directives venues « d'en haut » imposent de « bonnes pratiques » et contraignent les professionnels à puiser toujours plus avant dans leurs ressources personnelles pour faire face aux exigences du travail. Dans l'exercice des métiers, il n'existe plus en effet de collectifs qui autorisent des échanges entre pairs autour des doutes et des difficultés pour envisager l'adaptation et la transformation des situations. Ce livre s'attache à réhabiliter cette fonction du collectif. S'appuyant sur une recherche utilisant une méthodologie de la clinique de l'activité, il révèle les étonnantes ressources dont disposent les professionnels concernés pour réorganiser ensemble leur travail et renouveler leur métier. Jean-Luc Roger est professeur agrégé de l'Université, membre de l'équipe de clinique de l'activité du CNAM.

  • Préface de Alain Corbin Qui sont les travailleurs des déchets ? Sont-ils déchus parce que travaillant auprès des ordures ou sont-ils affectés au ramassage des ordures parce que considérés comme inemployables, inutiles, comme « déchets sociaux » ? En quoi consiste le travail dans ces zones de relégation symbolique et de dureté physique ? Au sein des collectifs de travail, qu'est-ce qui peut être dit, écrit, transmis ? Comment objectiver l'activité, la mesurer, l'évaluer ? Comment étudier les conditions de travail et les améliorer ? Quelles sont les ressources possibles pour subvertir le « sale boulot » en bon boulot, pour transformer la honte en fierté et, en particulier, les ressources collectives ? Les recherches sur les travailleurs des déchets livrent des analyses pertinentes sur nos sociétés. Delphine Corteel est anthropologue, maître de conférences à l'université de Reims, chercheure à l'IDHE-Cachan. Stéphane Le Lay est sociologue, chercheur associé au CRTD-CNAM.

  • Lire l'entretien avec Anne-Lise Ulmann, coauteur (propos recueillis par Audrey Minart)

    Travailler n'est pas exécuter. Dans le décalage irréductible entre ce qui est défini comme étant à faire et ce qui est fait, se loge la créativité, cette puissance inventive engagée dans le travail vivant. S'y jouent à la fois la question de l'efficacité mais aussi, et fondamentalement, celle de la santé.

    La créativité n'est donc pas l'apanage des grands créateurs : elle se loge aussi dans les arts de faire, le bricolage, l'intelligence pratique, les processus de renormalisation qui permettent de se dégager de la soumission à l'environnement et à ses contraintes. Son éloge, remis aujourd'hui à l'ordre du jour dans le monde de l'entreprise, n'est pourtant pas exempt d'ambiguïté.

    Dans la perspective retenue ici, la créativité n'est pas seulement instrumentale (nécessité d'inventer pour faire), elle nécessite et manifeste une invention de soi. Elle se révèle dans un mouvement où l'on se surprend soi-même.

    Mettre la créativité au travail pour en explorer les ressorts, modalités et enjeux requiert de mobiliser des approches disciplinaires, théoriques et méthodologiques complémentaires.

  • Un ouvrage sur la reconnaissance au travail à partir d'une analyse concrète et vivante d'une situation de travail : celle des agents du nucléaire. En ethnologue du monde du travail, l'auteur a partagé la vie et écouté longuement les agents de conduite de centrales nucléaires françaises. Il montre comment ceux-ci explorent des voies multiples pour tenter de faire de leur travail un lieu de construction identitaire ou pour réduire les dangers qu'il fait peser sur leur équilibre. Au-delà de cette recherche, il donne une lecture à portée générale de la volonté d'exister dans et par son travail, des dimensions occultées de l'engagement subjectif et de la nécessité de reconna ître ces éléments comme conditions du développement des personnes et de leurs compétences au travail.

  • Aucune proposition de prévention efficace ne peut être délivrée de l'extérieur, quelle qu'en soit sa valeur propre. Elle doit prendre place au coeur des débats sur la santé et la pénibilité en impliquant les personnes concernées. à partir d'une recherche sur la prévention des accidents dans le BTP, l'auteur élabore les fondements théoriques d'une conception de la prévention (et du travail) qui facilite la participation effective des professionnels à tous les stades de la démarche préventive et à la résolution des problèmes. Il s'attache à unir le champ de la santé physique et mentale au travail contre la segmentation résultant des pratiques antérieures des grands organismes spécialisés (INRS, OPPBTP, ministère du Travail...) et contre les hyperspécialisations par risques (TMS, RPS, souffrance au travail...).

  • A partir de l'idée de « marges » du travail, entendue comme frontières ou mieux encore chevauchements des frontières plutôt que comme périphérie et bords, les auteurs cherchent à saisir la temporalité du travail et du loisir dans ce qu'elle a de concret. Ils analysent les tensions provoquées par la flexibilité, les formes de captation du temps libre par le temps de travail. Ils interrogent les limites entre sphère professionnelle et sphère familiale. Dans cet entre-deux, comment les nouveaux modes de gestion de la force de travail, à l'ère des 35 heures, cherchent-ils à s'emparer du « temps libre » du clandestin ou de l'intérimaire en imposant une logique de file d'attente, qui colonise leur sphère privée ? En quoi moduler de façon plus libre son rapport au travail en développant des activités hors travail, peut-il paradoxalement favoriser la construction de soi et créer de nouveaux assujettissements ? Ce livre arpente les frontières poreuses du travail, ces zones où les possibilités de vie et de sécurités nouvelles s'ouvrent, ces impasses où les affirmations de temps sont aussitôt ressaisies par la domination et transformées en misères, ces marges où les logiques sociétales s'affrontent.

    Patrick Cingolani est professeur de sociologie à l'université Paris Ouest Nanterre. Après avoir étudié le travail précaire et la précarité (voir notamment La précarité, Que-sais-je ?, PUF, 2005) il oriente ses recherches vers les fragilités et les tensions du monde professionnel pour interroger les ressorts de nouvelles sécurités qui prendraient en compte les transformations dans l'expérience du travail.

  • Cet ouvrage présente des textes classiques de la clinique du travail : du métier de roulant à la SNCF jusqu'à celui des bonnes à tout faire, des téléphonistes aux mécanographes en passant par l'analyse de l'existence empoisonnée d'une ouvrière d'usine, Mme L, il s'agit d'une véritable introduction à une nouvelle clinique du travail. Tous ces textes mobilisent le sens du concret qui caractérise Le Guillant. Tous sont aussi écrits dans la grande tradition clinique française. La langue utilisée par l'auteur, précise et créative, est un véritable hommage rendu au travail humain.

    Yves Clot, qui a supervisé cette édition et lui a donné son ouverture, montre pourquoi la contribution de Le Guillant reste une force de rappel pour tous ceux qui s'intéressent aux rapports entre psychologie et travail. L'activité professionnelle des femmes et des hommes d'aujourd'hui est affectée par des épreuves dont on ne connaît pas encore l'issue. Sont-elles différentes de celles que Le Guillant a patiemment décrites ?

    Même si, ces dernières années, la clinique du travail s'est développée au rythme de la crise du travail, si visible dans l'exclusion sociale que le chômage de masse met au devant de la scène, nombreux sont les problèmes cliniques, théoriques et pratiques qui restent à résoudre. Il faut les affronter. Les textes de Le Guillant nous donnent le moyen de le faire. A une condition : regarder son oeuvre non pas comme un temple mais comme un chantier.

  • L'originalité de cette enquête est d'étudier le monde pharmaceutique de l'intérieur en s'intéressant à l'ensemble des acteurs de la chaîne de production et de distribution du médicament. Pour la première fois en France, l'ouvrage présente des investigations en sciences sociales menées au sein même des entreprises pharmaceutiques sur le quotidien des travailleurs du médicament, des ouvriers aux pharmaciens. Il montre une industrie de profits traversée par des contraintes et des problèmes d'organisation, loin des images associées à la société de la connaissance dont le secteur se veut l'emblème.

  • Dans un monde du travail de plus en plus individualisé, où l'attente d'engagement et d'investissement est toujours plus forte, où les salariés aspirent d'avantage à réaliser des activités qui ont du sens et pour lesquelles ils sont reconnus, la question de la passion au travail devient essentielle. Mais elle est ambivalente : être payé pour réaliser sa passion est à la fois une chance que les salariés apprécient, mais aussi un risque de surinvestissement, d'épuisement professionnel face à une injonction angoissante à en faire toujours plus.

    Les auteurs ont mené des recherches en sociologie du travail et clinique de l'activité dans trois domaines emblématiques du travail passionné : l'art, le sport, la politique. Pour eux, ramener la passion à un « rêve d'enfance » ou à une question de personnalité ne suffit pas pour en comprendre les ressorts et les enjeux. Ils analysent des trajectoires individuelles, leurs dynamiques identitaires, mais aussi les logiques professionnelles et organisationnelles dans lesquelles elles se déploient et plus largement les mutations des valeurs au travail.

    Mise en vente le 24 septembre 2015.

  • Les réfugiés, ceux qui font la une de l'actualité, ne cessent de lutter pour une vie meilleure, et leurs déplacements peuvent s'étendre sur des durées très longues marquées par l'incertitude et la précarité. Arrivés dans le pays qui traite leur demande d'asile, ils se trouvent encore en « suspension territoriale », dans un entre-deux entre pouvoir rester et devoir repartir.

    Alexandra Felder s'intéresse aux trajectoires singulières de construction de soi en exil, à travers les activités des demandeurs d'asile qui se révèlent être de puissants vecteurs de résistance. Résistance à la réduction de soi à un statut de « demandeur », à l'assignation à la place d'étranger en quête d'un statut de citoyen. Dans l'activité partagée avec autrui, le sujet exilé transforme sa situation et lui-même. Il s'approprie des manières de faire, diversifie les temporalités par les rythmes des activités, noue des relations sociales et développe des interactions, réactualise des schèmes d'action. En cela, il participe à une construction commune du monde avec autrui.

    Ainsi sans sous-estimer le poids des contraintes, des déterminations sociales majeures ici, l'ouvrage montre que l'important n'est pas seulement le traitement qui est fait aux réfugiés, mais ce qu'ils font eux-mêmes de ce qu'on fait d'eux.

  • Du fait des transformations du travail (intensification, individualisation, précarisation...), nombreux sont ceux qui utilisent des substances psychoactives pour être en forme au bureau, traiter des symptômes gênants ou encore pour se détendre après une journée difficile. Devant ces nouveaux usages et la multiplication des produits utilisés (alcool, tabac, amphétamines, cannabis, cocaïne, héroïne, caféine, psychostimulants, analgésiques, médicaments psychotropes), les auteurs, universitaires, chercheurs, syndicaliste et acteurs du soin et de la  prévention s'attachent à comprendre les fonctions de ces consommations en milieu de travail.

    Pour eux, il est aujourd'hui important de se déprendre des représentations sociales qui externalisent les sources du problème, comme les jugements moraux, et d'engager un travail réflexif sur les actions et les pratiques concrètes.

    Alors que les politiques publiques tendent à prescrire ou interdire, cet ouvrage ancre la prévention des addictions dans l'analyse du travail réel et des usages tels qu'ils existent et non tels qu'ils sont fantasmés. Il met à l'épreuve de la recherche et de l'action les liens multiples entre travail, santé et usages de substances psychoactives qui peuvent être, dans certaines conditions, des instruments de la production et prévenir d'autres risques au travail.

  • La subjectivité au travail est un enjeu central dans la compréhension du monde actuel puisque les directions d'entreprise s'y réfèrent en permanence et que le phénomène des suicides au travail en devient une facette inquiétante. Les auteurs de cet ouvrage proposent, à partir de dix enquêtes de terrain approfondies et diversifiées, une analyse de l'engagement subjectif dont le management entend faire, aujourd'hui, un outil de performance. Qu'est-ce que les salariés investissent d'eux-mêmes au travail, pour quelles raisons, et selon quelles modalités ? Danièle Linhart est sociologue, directrice de recherches au CNRS.

  • Conçu comme un texte de référence pour la clinique du travail, cet ouvrage présente différentes perspectives théoriques et méthodologiques développées autour de la problématique «subjectivité et travail». Une approche pluridisciplinaire rigoureuse qui renouvelle la psychologie du travail et s'intéresse à la question du plaisir et de la souffrance au travail. Dominique Lhuilier est professeure de psychologie du travail, université de Rouen.

  • Cet ouvrage se présente comme la contribution de l'auteur au long processus d'émergence d'une discipline scientifique : la psychopathologie du travail, dite aussi clinique du travail. Venant d'une longue expérience d'acteur de terrain et de chercheur dans le champ du travail humain, il est dédié à la nécessaire élaboration d'une clinique de la marchandisation. Il nous parle des souffrances, mais aussi des résistances fertiles et du travail constant de resymbolisation qu'opèrent des femmes et des hommes dans la création du quotidien. Bernard Doray est psychiatre-psychanalyste et anthropologue.

  • Au lieu de se centrer sur les aspects destructeurs du travail (épuisement, stress, souffrance), l'auteur s'intéresse aux collectifs de travail qui, en mobilisant le pouvoir d'agir de chacun dans son environnement, ont un lien avec la santé et la prévention de la maladie. Dans cet ouvrage sur une profession mal connue, celle de médecin du travail, l'auteur engage à penser de manière différente les rapports entre santé et maladie, entre santé et travail. Pour lui, il s'agit de soigner le travail pour prévenir les maux chez les personnes, c'est-à-dire favoriser les soins qu'elles peuvent porter à leur travail, et qui développent du même pas leurs capacités et leur santé. Gabriel Fernandez est docteur en médecine et en psychologie, médecin du travail en activité. Il participe aux travaux de recherche de l'équipe « clinique de l'activité » et aux enseignements de la Chaire de Psychologie du travail du CNAM. Il travaille actuellement au sein de l'hôpital public.

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