Presses universitaires de Louvain

  • En publiant en 1972 Histoire et Absolu, Jacques Colette offrait une compréhension rigoureuse de la pensée de l'existence à travers l'analyse minutieuse de quatre ouvrages fondamentaux de Kierkegaard: les Miettes philosophiques, le Post-scriptum, le Concept d'angoisse ainsi que La maladie à la mort. Le temps est venu de rendre cet essai magistral à nouveau accessible. Il a marqué la réception de Kierkegaard et il reste un ouvrage majeur pour s'introduire dans son oeuvre philosophique. Cette édition revue et corrigée, menée par Joaquim Hernandez-Dispaux, est augmentée d'un essai inédit de Jacques Colette.

  • L´Iris, symbole de la région bruxelloise, et le Croissant, symbole de l´islam : à Bruxelles, comme dans toute l´Europe, la présence de l´islam est désormais définitive. Elle est particulièrement importante. Comment appréhender cet espace urbain sous l´angle de la présence de l´islam ? Il importe tout d´abord de décrire, de manière aussi détaillée que possible, les multiples aspects de cette nouvelle présence religieuse : les mosquées, les multiples organisations islamiques, l´enseignement religieux, le commerce halal, les médias, le web, les mobilisations collectives, les lobbies européens, les connexions politiques. On mesure alors l´ampleur, la force dynamique et la diversité de cette présence. Mais comment, dans cette ville aux aspects nouveaux qu´est Bruxelles, se construisent les relations entre musulmans et non-musulmans ? Comment s´opère leur « co-inclusion réciproque » ? Au-delà des relations personnelles, a-t-on pris la mesure des enjeux urbains liés à cette nouvelle présence ? Ou bien les réflexions sur Bruxelles et son devenir tendent-elles à ignorer - dans une sorte de déni -, la dimension religieuse islamique, alors que des médias et des acteurs politiques, au contraire, la survalorisent et la stigmatisent parfois ? A-t-on pris en compte le fait que la dimension religieuse de la ville « post-séculière » devient un nouvel enjeu de société ? Les musulmans ont-il pris la mesure des enjeux liés à leur présence, qui vont bien au-delà de la seule constitution de mosquées ou de la revendication du port du foulard ? Comment se vivent-t-il en tant que bruxellois musulmans ? C´est à ces quelques questions que cet ouvrage tente de répondre à la suite d´une enquête sur le terrain bruxellois, cette ville qui, désormais, est « aussi » une ville musulmane. Bruxelles, capitale de l´Europe, est un laboratoire du devenir de l´islam européen.

  • Les populations musulmanes en Belgique n'avaient plus fait l'objet d'une étude globale depuis plus de dix ans. Ce volume aborde la question des identités et appartenances, à partir des positionnements face aux pratiques religieuses dans la sphère publique mais aussi des processus tels que les conversions (vers ou dans l'islam) ou les engagements citoyens. Il s'intéresse en outre aux courants dits réformistes, notamment les Frères musulmans et les mouvements Nurçu et Fetullah Gülen, d'origine turque, mais aussi aux guérisseurs qui officient dans les milieux salafistes. Enfin, ces études examinent les relations qui se créent entre les musulmans et la société globale, notamment à travers la participation politique, la gestion publique du culte ou encore l'intégration spécifique du droit de la famille. Ces multiples champs sont traversés par une variété de dynamiques de fond qui animent et complexifient les manières d'être musulman en Belgique. Il importe d'en saisir les nouveaux enjeux pour en pointer les perspectives futures. C'est précisément ce que permet le cadrage initial de cet ouvrage qui, sans méconnaître la littérature existante, veut en dépasser certaines lacunes et permettre d'aller plus loin dans la compréhension du laboratoire foisonnant, interactif et ouvert qu'incarnent ces présences déjà longues, mais encore peu connues, de l'islam en Belgique. Ce livre s'adresse à un large public, scientifique ou non, intéressé par la compréhension des dynamiques et enjeux sociaux, culturels et religieux de notre société multiculturelle. Il réunit les contributions de Ikram Akodad, Nadia Fadil, Marie-Claire Foblets, Aicha Haddou, Jean-François Husson, Iman Lechkar, Ural Manço, Konrad Pedziwiatr, Christiane Timmerman, Corinne Torrekens, Hanifa Touag, Els Vanderwaeren, Müserref Yardim, Fatima Zibouh.

  • Søren Kierkegaard et Fernando Pessoa utilisèrent deux procédés littéraires similaires, la pseudonymie et l'hétéronymie, auxquels ils donnèrent un contenu différent. Le premier tente par ce biais de se rapprocher de l'Individu sans avoir à endosser l'esthétique, ni le religieux qu'il ne saurait atteindre pleinement ; le second, sous la figure de Caeiro, esquisse les traits d'un nouvel individu qu'illustrent à leur façon des êtres de fiction, les hétéronymes.Mais pour les deux auteurs, le souci d'exister est au coeur de leur démarche qu'aucune approche spéculative ni métaphysique ne saurait saisir.À ce titre, le concept de répétition, qu'il soit ou non mentionné comme tel, joue un rôle central. Le redoublement pessoen vise à ouvrir le champ du possible, à le jauger, à l'éprouver dans autant d'expériences hétéronymiques ; la répétition kierkegaardienne invite à le réaliser, fût-ce par le recours à la Grâce, sachant qu'à Dieu tout est possible.

  • Dans un livre, on ne cherche pas à expliquer, mais à s'expliquer : on écrit pour convaincre les doctes et vaincre les opinions reçues ; on utilise tous les arguments de raison, sans renoncer aux plus obscurs, aux plus ardus ; on ne songe en fait souvent qu'à quelques interlocuteurs proches ou opposants, tous admirés, car très savants et très compétents, mais parfois un peu retors ; on n'hésite donc pas à un style soutenu, technique, lourd éventuellement et, même quand on voudrait atteindre l'élégance, crypté et hermétique. Dans un cours, c'est l'inverse : on veut expliquer des thèmes et des textes difficiles à des encore jeunes gens, qui manquent souvent de bases suffisantes, sans manquer pourtant ni de talent, ni d'ambition. Ceux en particulier qui préparent le difficile concours français de l'agrégation n'ont pas de temps à perdre et n'ont donc pas d'état d'âme : ils sélectionnent les cours qui paraissent à la rumeur publique les plus utiles, les plus informés et les plus nets. Ils imposent ainsi au professeur, qui se risque à donner le sien, l'épreuve de convaincre son auditoire et même de le garder jusqu'au terme dans l'amphithéâtre - ce qui ne va pas de soi. Il faut donc à la fois maîtriser la question proposée, bien connaître les textes, et savoir les rendre intelligibles, donc les actualiser - en recourant même aux exemples les plus inattendus. Bref, il faut respecter l'intelligence de ceux qu'on expose et l'intelligence de ceux à qui on les expose.

  • Peut-on user d'instruments de musique ? Participer à un concert ? Chanter librement ce que l'on ressent ? Ou faut-il se limiter à ce que l'on doit scander et qui semble conforme à la morale islamique ? D'emblée, le fait musical des musulmans d'Europe s'envisage dans le paradoxe. Akhenaton, Cat Stevens alias Yusuf Islam, James Deano, Kery James, Diam's, Sami Yusuf, Médine, The Poetic Pilgrimage, Maher Zaïn, Soprano et tant d'autres sont des artistes musulmans européens qui, depuis une vingtaine d'années, mobilisent dans leurs productions une certaine affirmation d'appartenance à l'islam. Quelques-uns font même de la musique un outil du religieux, voire développent un champ musical au travers de la dimension islamique. Dans le chef des artistes, de vraies négociations s'opèrent, des tiraillements de choix se manifestent, des questions fusent. C'est toute l'ambition de cet ouvrage que de faire découvrir l'ambivalence des discours religieux de ces acteurs, au travers de pratiques musicales en expansion. L'observation et l'analyse des pratiques sociales quotidiennes des musulmans sont ici privilégiées afin de mettre en lumière les lentes mutations culturelles et cultuelles qui s'articulent dans l'intimité des musulmans européens. Une distinction s'opère progressivement entre l'identité musulmane objectivement héritée d'un univers culturel où elle était greffée et cette même identité subjectivement appropriée en tant qu'« être musulman européen ». Plus subtilement encore, au coeur de cette identité musulmane s'opère une véritable réinvention entre une référence identitaire à une culture ou à une civilisation et une référence identitaire au fait religieux. Le champ artistique est donc un terrain idéal pour saisir la réalité de l'islam européen dans sa pleine diversité.

  • En Belgique, comme dans de nombreux autres pays, on s´accorde pour considérer que l´articulation entre vie professionnelle et vie familiale n´est ni une simple affaire privée relevant de choix individuels, ni une problématique qui concernerait uniquement

  • La réforme de l'organisation des cours dits « philosophiques » - cette formule ambiguë pour dire que l'on enseigne, à l'École en Belgique, la « morale non confessionnelle » et les religions reconnues par l'État - est à l'ordre du jour. Il est devenu urgent de changer un paradigme inadapté à une société pluraliste. Mais comment et pourquoi?Ce volume offre un ensemble, unique en son genre, de pistes et perspectives: des pédagogues, des professeurs de philosophie et de sciences des religions, des constitutionalistes, des représentants du Ministère compétent et du Conseil consultatif des cours philosophiques, de l'inspection des cultes et du cours de morale, mais aussi de la Laïcité et du monde politique apportent des analyses prospectives pour nourrir le débat.

  • Il y a vingt ans, l´Union soviétique s´effondrait dans un climat étonnamment pacifique au regard du déchaînement potentiel. Néanmoins, si la situation semble stable à l´échelle régionale, au sein de certains États l´implosion soviétique a laissé des traces sanglantes. Le Nagorno-Karabakh, l´Ossétie du Sud, l´Abkhazie et la Transnistrie, autonomes avant 1991, se sont proclamés indépendants. Ils sont entrés en guerre pour libérer leurs territoires respectifs de la tutelle de l´Azerbaïdjan, de la Géorgie et de la Moldavie. Lorsque les tirs cessent, les séparatistes s´imposent en vainqueurs sans toutefois obtenir de reconnaissance internationale. Vingt ans plus tard, le tableau n´a guère changé : les combats des années 1991-1993 ont laissé la place à une situation de « ni guerre, ni paix ». Comment ces conflits ont-ils éclaté ? Pourquoi perdurent-ils ? Quelles sont les solutions possibles ? Tels sont les enjeux que posent encore aujourd´hui les conflits gelés de l´espace postsoviétique. Cet ouvrage consacré à l´origine et à l´évolution des conflits gelés de l´ex-URSS a des visées pédagogiques. Il est destiné aux étudiants en relations internationales, mais aussi aux chercheurs portés sur l´étude de conflits et, au-delà, à tous les lecteurs intéressés par le monde postsoviétique.

  • Dans quelle mesure la philosophie française du XXe siècle est-elle habitée, voire hantée par la pensée kierkegaardienne ? Dans quelle mesure l'a-t-elle été dès les années 1930, certes en « découvrant l'existence » avec Husserl et Heidegger, mais aussi et simultanément avec Kierkegaard ? Et dans quelle mesure l'est-elle encore, au moment même où c'est en rupture avec le paradigme « historique » de la phénoménologie qu'elle trace de nouveaux chemins de pensée ? C'est à ces questions que ce recueil, réunissant des spécialistes internationaux de l'oeuvre de Kierkegaard et des historiens de la philosophie française contemporaine, tente de répondre sur un mode à la fois historique et thématique, afin de montrer que, loin d'appartenir à un passé révolu, la pensée kierkegaardienne est bel et bien encore devant nous.

  • L'enseignement est de moins en moins souvent la vocation de toute une vie. Nombreux sont les collègues qui ne font plus carrière à l'école et qui la quittent après une expérience très courte. L'interdisciplinarité, la collégialité, le travail collaboratif modifient profondément l'exercice de la profession. Cette évolution a des répercussions sur l'attrait du métier d'enseignant ainsi que sur la formation initiale et continue. L'éducation physique n'échappe pas à ces transformations du paysage éducatif et scolaire. En particulier, l'enseignant novice est mis à l'épreuve par les nouvelles exigences, qui questionnent d'emblée ses capacités de maîtrise du processus d'enseignement-apprentissage. Ce livre rassemble douze contributions internationales francophones qui respectent l'itinéraire chronologique des futurs professionnels : étudiants, stagiaires, novices, formation continue. Outre des thématiques comme le plaisir d'apprendre ou d'enseigner et les interactions langagières, il aborde une réflexion plus générale à propos du processus de construction d'une identité d'enseignant en éducation physique, vue en tension sous différents aspects socioprofessionnels.

  • Les actes des dix-neuvièmes journées belgo-néerlandaises d´histoire du droit offrent un aperçu général de la recherche actuelle en histoire du droit et de la justice, en particulier des travaux de jeunes chercheurs. Les études réunies dans ce recueil couvrent une large palette chronologique: - Droit et justice au XXe siècle - De l´Antiquité romaine au Moyen-Âge - Histoire de la justice du Moyen-Âge au XVIIe siècle - Le temps des Révolutions - XIXe siècle : le pouvoir judiciaire face au bouillonnement sociétal - Quelques aspects oubliés de l´histoire récente du droit. De akten van het negentiende Belgisch-Nederlands Rechtshistorisch Colloquium geven een algemeen overzicht van het lopend onderzoek op het gebied van de justitie- en rechtsgeschiedenis, in het bijzonder van de oriëntaties van jonge onderzoekers. De bijdragen in deze bundel bestrijken een grote chronologische diversiteit: - Recht en justitie in de 20ste eeuw - Van de Romeinse Oudheid tot de Middeleeuwen - Justitiegeschiedenis van de Middeleeuwen tot de 17de eeuw - Het tijdperk van de Revoluties - 19de eeuw: de gerechtelijke macht en de maatschappelijke onwentelingen - Enkele vergeten kanten van de recente rechtsgeschiedenis.

  • Ce volume offre un vaste panorama des études sur Michel Henry et les acquis de sa «phénoménologie matérielle», dans des domaines aussi divers que l'histoire des idées, la culture, la politique, l'esthétique ou le fait religieux.

  • De manière récurrente, les politiques ont invoqué comme finalité de promouvoir une plus grande « démocratisation » de l´enseignement. Dans les faits, la démocratisation scolaire s´est révélées surtout une « massification ». Elle a été davantage « quantitative ». Les chances d´obtenir un diplôme restent toujours aussi mal réparties en fonction des origines sociales ou culturelles. La réussite scolaire est très inégale et les jeux de distinction face à l´offre éducative sont multiples. Dans cette situation, l´« égalité des chances » semble (de plus en plus ?) un idéal inaccessible, au point que nombre d´interrogations sont aujourd´hui ouvertes sur ce que recouvre ou doit recouvrir la notion de « justice scolaire ». Dans les pratiques, les voies à suivre semblent également de plus en plus difficiles à mettre en oeuvre. Bref, l´école démocratique de masse reste encore à inventer. On s´interroge ici sur plusieurs facettes des processus qui se jouent au sein de l´école : Quelles nouvelles définitions de la justice scolaire défendre d´un point de vue éthique et politique ? La réalité du « marché scolaire » est-elle indépassable et hors de portée de l´action des pouvoirs publics ? Les pratiques des établissements peuvent-elles contribuer à l´égalisation des chances ou sont-elles seulement le reflet des inégalités sociales ? Les dispositifs pédagogiques peuvent-ils faire la différence dans la réussite des élèves ? Sont-ils neutres socialement ? Les élèves victimes de relégation peuvent-ils encore croire dans le discours et les pratiques scolaires ? Au-delà de l´école, les dispositifs d´insertion sont-ils en mesure d´éviter le caractère irréversible de l´exclusion ?

  • Dans l'exercice de leur métier, les chercheurs veulent repousser les frontières de la connaissance, explorer des régions jusque-là inconnues dans leur discipline. Pour cela, ils sont capables de développer des routines très complexes, des procédures très rigoureuses. Ils inventent des dispositifs d'expérimentation qui tournent à la perfection. Ils se démènent pour obtenir les précieux financements qui leur permettront de continuer leurs programmes. Ils siègent dans des conseils, donnent des cours, encadrent des thésards, communiquent dans les médias. Par passion pour la recherche, ils sont aussi capables de se mettre en danger, intellectuellement et même physiquement, de prendre des risques calculés pour démontrer une hypothèse, résoudre une équation ou un problème, prouver l'existence d'une particule ou d'une étoile ou déchiffrer un génome... ils arpentent les quatre coins du globe, fréquentent les grands fauves comme les redoutables bactéries, se laissent couler dans les abysses océanes ou s'élèvent dans la stratosphère, ou encore, avec un eurêka au bord des lèvres, s'immergent dans des calculs et des réflexions sans fin. Ce sont des savanturiers. Non, leur vie n'est pas toujours de tout repos. À l'occasion de l'Année Louvain de l'aventure scientifique (2016-2017), ce livre donne un aperçu de quelques-unes de leurs échappées. L'aventure est au coin de la science!

  • The crisis faced by the European project today is above all a crisis of meaning. After the disappearance of the narratives about peace and prosperity, the reason for Europe is now the one given by millions of Europeans. Together we must therefore explore a Europe whose institutions are a means but not an end, remain open to discovery, attentive to stories and critical of common ideas.

    This six-month journey is dotted with eleven stops, eleven letters from eleven cities in nine European countries, from Russia to Sweden, Portugal to Bulgaria. They give rise to eleven debates on major issues such as defence, youth, the wounds of the past and solidarity, all of which are explored via the stories of dozens of Europeans met along the way.

  • Depuis quelques années, l´histoire des forces de l´ordre fait l´objet de nombreuses recherches à l´étranger. Dans le sillage de celles-ci, cet ouvrage brosse un tableau général de l´évolution de l´appareil policier belge de l´Indépendance à la veille de la Première Guerre mondiale. Quelle fut la nature du système mis en place en 1830 ? Comment ce dernier s´est-il adapté à l´évolution de la société belge au XIXe siècle ? Quels sont les facteurs qui ont animé la dynamique des forces de l´ordre à cette époque, et en quoi les débats s´articulant autour de celles-ci ont-ils préludé aux questions policières du siècle suivant ? Tels sont les principaux thèmes abordés dans cette synthèse, illustrée de documents d´époque, afin de permettre au lecteur d´approfondir les problématiques évoquées et de trouver éventuellement de nouvelles pistes de recherches.

  • Il est urgent de réinvestir l'humanisme, ce mouvement d'émancipation culturelle, né à la Renaissance et fondé sur l'élan de l'esprit critique, sur le retour aux sources antiques et sur le développement des universités - notion qui paraît à certains désuète, voire politiquement « récupérée ». Des chercheurs et des enseignants disent ici en quoi la formation universitaire, au-delà des sept arts libéraux qui assurent la maîtrise des chiffres et des lettres, ne peut qu'être humaniste, aujourd'hui comme hier : son objectif est de forger des citoyennes et des citoyens qui mettent leurs talents et leurs compétences au service des autres et chez qui l'intelligence va de pair avec la conscience éthique.
    La bulle d'institution de l'Université de Louvain, en 1425, exprimait déjà en des termes étonnamment simples et actuels les principes fondateurs d'une université, sa vocation, son enracinement dans la cité et les liens privilégiés qui unissent ses étudiants, ses docteurs et ses professeurs. On trouve dans le présent petit livre une traduction française inédite de ce document essentiel de la fin du Moyen Âge, due à Lambert Isebaert.
    Cet ouvrage est une boussole pour l'esprit, de ceux qu'on garde à portée de main pour tenir le cap.

  • Contredire l´entreprise, c´est produire un discours critique qui dit quelque chose de l´entreprise - mais quelque chose qu´elle ne maîtrise pas. C´est donc s´inscrire à rebours du discours autorisé, égratigner le côté lisse de cette communication aujourd´hui sujette à la contestation et à la méfiance des publics liés à l´entreprise : travailleurs, consommateurs, associations, partenaires sociaux, pouvoirs publics. En prenant le contrepied du thème d´un colloque précédent (« Dire l´entreprise », 1990), les organisateurs de la journée d´hommage au Pr Axel Gryspeerdt ont paradoxalement illustré la continuité des interrogations qui travaillent les discours de et sur l´entreprise. En faisant la part belle aux praticiens de la communication, à la diversité des sujets et à leur dimension internationale, les éditeurs offrent ici un panorama à la fois cohérent et contrasté de ce thème d´actualité et d´avenir.

  • Si le projet européen traverse aujourd'hui une crise, c'est avant tout celle du sens. Après l´épuisement du discours sur la paix et de celui sur la prospérité, la raison de l´Europe, c´est celle qui pourra lui être donnée par les millions d´Européens.

  • « Lectures de Michel Henry ». Cette expression témoigne d'un double objectif : d'une part, faire le point sur la réception de la pensée henryenne, en rééditant quelques grands textes qui en ont marqué l'histoire, tout en publiant également des travaux inédits témoignant de l'actualité des recherches en phénoménologie matérielle ; d'autre part, explorer, en compagnie des meilleurs spécialistes, la manière dont Michel Henry conçoit lui-même l'inscription de son geste dans l'histoire de la philosophie, au prisme de ses propres lectures de quelques-uns de ses grands noms. C'est une évidence, la manière dont Michel Henry lit ces auteurs est originale. Elle peut encore nous apprendre à les re-lire, à notre tour.

  • Depuis une vingtaine d'années, la grâce a pris une place de choix dans le paysage de l'histoire de la justice à la fin du Moyen Âge et aux débuts de l'époque moderne. Tirant parti de sources d'une grande richesse, les historiens ont montré que la clémence est le complément indispensable de la sévérité dans l'exercice de la justice du XIIIe au XVIIe siècle. Ils ont ainsi nuancé l'image d'une justice médiévale expéditive et sanguinaire. Mieux, ils ont montré que si l'intransigeance des juges est affirmée dans les textes normatifs, la pratique judiciaire se fonde plus sur l'exercice du pardon que sur la force du bourreau. Par ailleurs, l'historiographie récente a mis en avant la manière dont les pratiques de grâce sont un instrument politique de la croissance de l'État et de l'affirmation de sa souveraineté. À travers les huit contributions de ce volume, de jeunes chercheurs en histoire analysent cette place déterminante de la grâce dans la justice médiévale et moderne.

  • Dans l'ample paysage du soufisme marocain, la confrérie des Hamadcha occupe une place singulière. Cette confrérie a la particularité d'avoir eu, au début du 18e siècle, deux fondateurs : Sidi Ali ben Hamdouch et Sidi Ahmed Dghoughi. Elle est au croisement de l'islam et du monde africain, où convergent des aspirations mystiques et des pratiques de guérison via des formes de « commerce avec l'invisible » - un invisible polarisé par les djinns, dont la belle et redoutable Lalla Aicha Qandicha. La musique, la danse et la transe sont les axes du rituel, tout comme les sacrifices d'animaux et autres rites dévotionnels et thaumaturgiques. La modernité a certainement induit le déclin de cette confrérie. Les autorités ne voyaient pas d'un bon oeil ces pratiques qui renvoyaient à l'image d'un Maroc archaïque, même si elles trouvaient toujours des adeptes. Les chercheurs même ignoraient ces réalités considérées comme résiduelles. Mais depuis quelques années, l'image des Hamadcha commence à changer. On les découvre porteurs d'un « patrimoine immatériel » ; les pratiques thaumaturgiques elles-mêmes sont regardées avec moins de dédain. La plupart des textes recueillis dans ce volume proviennent d'un colloque à l'Université catholique de Louvain en octobre 2012, tenu conjointement à deux concerts rituels d'un groupe de Hamadcha, à Louvain-la-Neuve et à Bruxelles. Ce volume entend éclairer la réalité actuelle des Hamadcha, amenés à se confronter à l'époque contemporaine et à interroger en même temps le sens du rapport actuel avec l'invisible. Il est superbement illustré d'un article complémentaire, inspiré d'une démarche d'anthropologie visuelle.

  • Quoi de plus incontournable, en matière d'enseignement-apprentissage, que la progression des dispositifs mis en oeuvre par les enseignants et des acquisitions qu'ils permettent de susciter ? La progression est sans conteste la condition fondamentale de la dynamique du savoir et de son enrichissement, car tout enseignement est inscrit dans le temps et comporte une dimension narrative : apprendre quelque chose à quelqu'un, c'est nécessairement construire une histoire avec lui, c'est l'entrainer dans un récit dont il est le héros. Peut-on caractériser plus précisément cette progression des apprentissages ? Comment se construit l'histoire de l'apprentissage dans chaque domaine du savoir et dans la diversité des contextes éducatifs ? Telle est la première question à laquelle les contributions du présent ouvrage ont cherché à apporter quelques éléments de réponse. Si l'apprentissage ne peut se passer de progression, il ne peut pas davantage se passer de transversalité. Un savoir ne peut en effet être considéré comme acquis que lorsqu'il fait l'objet d'un transfert, c'est-à-dire lorsque l'apprenant se montre capable de l'utiliser dans d'autres contextes que celui où il lui a été transmis et à d'autres fins que pour lui-même ou pour des visées « savantes ». Apprendre, c'est devenir capable d'utiliser des savoirs dans le cadre d'autres disciplines, en les mettant au service de l'apprentissage scolaire dans son ensemble... et au service de la vie. Mais si cette importance de la transversalité relève à certains égards de l'évidence, il ne suffit pas de l'affirmer ; la convocation de différents regards disciplinaires doit permettre d'aller plus loin en montrant concrètement comment chaque discipline favorise des transferts vers d'autres « champs » qu'elle-même. Tel est le second défi qui était posé aux contributeurs du présent ouvrage, qui constitue les actes de la troisième journée d'études organisée par le CRIPEDIS depuis sa création en 2008.

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