Presses universitaires de Louvain

  • Lors d´un colloque organisé à l´Université d´Ottawa, sous les auspices du Centre interdisciplinaire de recherche sur la citoyenneté et les minorités. (CIRCEM), les 12 et 13 avril 2007, un groupe composé de douze intervenants s´est penché sur le programme

  • La montée de l'Islam en Europe est aussi repérable par le nombre croissant de musulmans dans les prisons anglaises et françaises. Mais la Grande-Bretagne et la France ont des approches différentes quant à la prise en compte de cette présence islamique. Ce livre s'appuie sur une recherche sociologique originale qui recourt à des entretiens avec les détenus et le personnel pénitentiaire et analyse les réponses des autorités anglaises et françaises au nombre croissant de détenus musulmans. L'expérience accumulée de l'aumônerie chrétienne dans les prisons britanniques a permis de mieux répondre aux revendications des musulmans et ce d'autant plus que l'Islam y est reconnu institutionnellement. Par contraste, les prisons françaises fournissent aux prisonniers musulmans peu d'occasions de pratiquer leur religion sous la direction d'imams qualifiés. Les conclusions de trois années de recherche intensive dans plusieurs prisons montrent que les prisons britanniques facilitent le contrôle et l'intégration de l'Islam, alors que les prisons françaises le découragent et de cette façon développent des revendications extrémistes. Les résultats de cette enquête sont présentés ici en français pour la première fois. « Muslims in Prison est une excellente contribution aux questions relatives au nombre croissant de détenus musulmans dans les prisons d'Angleterre, du pays de Galles et de France. C'est un livre complet, bien écrit et rendant compte de manière consciencieuse des questions essentielles par rapport aux détenus musulmans dans les prisons anglaises et françaises... C'est un excellent exemple de recherche qualitative. Une lecture essentielle pour les décideurs politiques, les fonctionnaires de prison ainsi que pour les chercheurs » Basia Spalek, Institute of Applied Social Studied, University of Birmingham, Journal of Islamic Studies (17 [3] 2006 : 394-99). « Un livre bien écrit sur les interaction entre la "race", l'ethnicité et la religion. Il aborde avec perspicacité les processus complexes dans lesquels la catégorie de Musulmans est construite socialement et utilisée en prison. La clarté de la démonstration rend le livre intéressant pour les politiciens et les fonctionnaires ainsi que pour les étudiants qui s'intéressent aux phénomènes religieux ». Jeroen Boekhoven, University of Groningen, Numen (vol 54 no. 1 2007 : 99-100)

  • Il est devenu aujourd´hui de plus en plus difficile de faire entendre la parole de ceux qui sont considérés comme exclus, marginaux, surnuméraires, désocialisés. C´est pourtant là l´enjeu du livre de Françoise Duby. En quoi les instances d´accueil et autres dispositifs disponibles dans le secteur de l´exclusion sont-ils au premier chef concernés par le maintien ou non de l´exclusion sociale ? Pour avoir vécu un temps avec la marginalité urbaine de la rue, F. Duby retrouve une nouvelle fois, à la maison d´accueil, les mêmes zones de sens éclatés, le même vide. Elle constate le même manque de profondeur des formations des accueillants, le même auto-enfermement sur des cercles très appauvris de socialité, de compétences... Comment échapper à l´auto-destruction, comment devenir un individu capable d´affronter les épreuves de la ville, de la vie ? Les réponses esquissées dans ce livre nous font percevoir l´enjeu décisif d´une écoute démocratique, d´un travail de recomposition des lieux d´accueil pour subvertir les jeux défensifs, les parcours brinqueballants, la servitude par trop volontaire.

  • Belgique, France, Québec. Trois « pays » francophones, trois façons de nommer une figure de la pauvreté urbaine : sans-abri, sans domicile fixe, itinérant. Bien qu´immémoriale, cette figure a été perçue de façon nouvelle par nos contemporains au cours des années 1980. Parce que les catégories sont des constructions sociales qui tendent à s´institutionnaliser, elles méritent toute l´attention des chercheurs. Les figures de la pauvreté sont révélatrices d´un (dés)ordre social. Elles mettent en rapport les situations vécues et la « réaction sociale » à leur égard. C´est ce qui a poussé les auteurs de ce livre à proposer une relecture du phénomène, travail comparatif et de confrontation sur l´interdépendance entre contexte national et actions entreprises en direction des personnes. Ce travail est né d´une interrogation portée sur la place et l´utilité de la recherche face à l´installation et à la banalisation du phénomène du sans-abrisme dans les pays riches industrialisés : comment se construit un problème social dans différents contextes ? Comment les chercheurs délimitent-ils leur objet au regard du problème social considéré ? Quelle place occupe la recherche ? Comment est-elle mobilisée ? Comment se situe-t-elle par rapport à l´action politique ? Ces questions permettent de distinguer trois étapes essentielles, les trois parties de cet ouvrage. Tout d´abord, on décrit les éléments essentiels de la genèse de ce qui est apparu comme un problème social dans chacun des pays. Ensuite, on voit comment, face à ce problème social devenu problème public, la recherche s´est développée et organisée différemment, tant au niveau des institutions que des jeux d´acteurs et de leurs effets. Enfin, les parcours de recherche, dans leur grande diversité, permettent de reformuler les enjeux de connaissances, indissociables des situations qui les ont fait naître et des réactions sociales qui les ont accompagnés tout au long de ces deux dernières décennies.

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