Littérature générale

  • Dans cet asile où attendent la mort ceux que tout le monde a oubliés, une femme s'abandonne à la mémoire : sa maison au bord de la dune, près de la mer, l'homme qu'elle a aimé, l'enfant qu'elle a chéri par-dessus tout... Les souvenirs déferlent par vagues successives qui se redisent et se recouvrent, composent une houle musicale animée par les ondes lointaines d'un bal, les échos du piano où elle aimait poser ses mains, les refrains ingénus que lui demandait son enfant et à travers lesquels s'échangeait leur complicité. Mais ce roman-musique, ordonné comme une sonate, est bien autre chose que le champ clos d'une remémoration errante. Le texte, ici, est le lieu d'un rendez-vous, où l'auteur rejoint son enfance algérienne, retrouve, pour le célébrer, le visage de l'amour maternel dont il a gardé le tourment émerveillé. De cette fusion subtile, naît un discours pur et sensuel, à l'image de cet Orient dont Jean Paget ne s'est jamais dépris.

  • En haut, sur la falaise, un homme attend. C'est Hans. En bas, près de la mer, un autre homme attend. C'est Hollivard. Un jeune homme, un vieillard. Avec ses fils, autrefois, Hollivard a semé la violence, ravagé les terres, répandu le sang. Hans se souvient. A sa conscience surgissent des souvenirs emmêlés et confus comme notre mémoire. Hollivard épie la falaise. Sa mort approche, il le sait. Qui le tuera ? Le bras de Hans ? La volonté de Lo ? Les deux peut-être ? Ou simplement le départ de Lo - l'absence de la femme, n'est-ce pas encore la mort ? « L'homme sur la falaise » : un "suspense" lyrique qui se creuse en une admirable explosion d'images, un récit envoûtant, véhément, où la mort s'oppose à l'amour comme la paroi abrupte à l'infinie tendresse de la mer...

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Le jour se lève sur une grande cité antique. Baigné par les transmutations de la lumière, un homme s'éveille, pesamment, difficultueusement. Jusqu'Ici, Il a vécu dans une pensée unique : s'arracher à son milieu patricien et basculer dans le rude monde des gens de peine qui s'emploient à métamorphoser la ville, véritable fourmilière en expansion, où surgissent de toutes parts chantiers bruissants d'activités et gigantesques édifices en construction... Mais cet effort, dirait-on, ne fait qu'accroître la distance qui le sépare de son but. Chacune de ses tentatives lui dévoile, à travers le quotidien, un espace plus profond, étrange, un univers de signes qui est peut-être l'au-delà. Les difficultés qui l'entravent et l'angoissent, dans ce matin immatériel, ne suggèrent-elles pas qu'il a franchi le mur du temps ? Ainsi Philippe d'André poursuit-il, à travers les avancées patientes d'une écriture ample et soyeuse comme un poème symphonique, cette méditation romanesque sur la difficulté d'être et le voyage initiatique qu'avait déjà instauré « Les clefs », son premier ouvrage, salué par une critique unanime.

  • L'histoire se déroule sur cette ligne de démarcation entre la mer et la terre que le flux des vagues déplace sans cesse : c'est là, près de Puertollano, qu'on trouve les canaris en queue de poisson Ces garçons vivent à l'endroit même où ils sont nés. Le désir leur donnerait soudain des ailes si l'amour aussitôt ne les coupait court. Ou plutôt les amours. Car ici plusieurs amours arrivent en même temps à chaque personnage, ce qui crée l'illusion d'un danger et d'un désordre fous. Mais est-ce bien le sujet de ce récit ? Au retour du voyage, dès que l'écriture s'en mêle, la lumière solaire devient blanche, la mer devient noire et ce qui est en cause commence à changer. Le coeur était serré. Maintenant ce sont les mots. À les écouter de plus près, on verra que ce livre bref est le contraire d'un livre court.

  • A la fois figés et toujours renaissants, les mythes sont des paysages à l'infini, aux perspectives innombrables. Ils attendent, dirait-on, le regard qui les recomposera, la sensibilité qui leur redonnera sens. Dédale et Pasiphaé, Ariane et Icare : ce sont de vieilles connaissances que Gérard Bonal vient réveiller, avec une sorte de tendre allégresse. Tous quatre débarquent sur l'île de Kallisté, où Minos a exilé sa femme, après ses amours scandaleuses, ainsi que son architecte, soupçonné de quelque complicité dans l'affaire. Les deux enfants suivent - ils y sont bien forcés. Sur cette terre où Dédale, autrefois, a construit une ville modèle, mais qu'une éruption volcanique a totalement ravagée, il va falloir survivre. Dédale et Pasiphaé - deux vieux cabots, convenons-en, obsédés par l'idée de soigner leur sortie - décident de monter une affaire commerciale, en plumant, pour commencer, les oiseaux migrateurs qui survolent l'île. Mais Ariane et Icare, prisonniers malgré eux, ne rêvent, pour leur part, que de s'enfuir, de secouer le joug des parents, d'échapper à la pétrification du vieux monde conservateur, bref, de vivre... Pour cela, il suffira de l'amour d'un bel homme, Thésée par exemple, habile à dévider le labyrinthe intérieur où Ariane a refoulé ses minotaures ; ou d'un bond prodigieux, qui élèvera Icare au-dessus du vieux monde... Telle est, sur un thème ancien, la variation subtile que tisse Gérard Bonal, d'une plume à la fois lyrique et légèrement impertinente, à la manière, un peu, des peintres d'autrefois : les scènes et les registres, ici, se juxtaposent souplement, pour composer un paysage d'ensemble aux multiples entrées, dont notre esprit s'enchante et qu'il réinvente sans cesse.

  • En épigraphe de son roman, Didier Pemerle cite Maurice Blanchot : "Thomas, aussi, regarda ce flot d'images grossières, puis quand ce fut son tour, il s'y précipita, mais tristement, désespérément, comme si la honte eût commencé pour lui." Le narrateur d'Un monument au mont Gerbier-de-Jonc, de même, se précipite dans les images surgies du plus profond de lui, afin de les affronter. Il s'efforce, dans un premier temps, de leur imposer la distance fragile d'une fiction, de les maintenir dans l'ordre précaire du récit. Lendemains de guerre atomique, building en plein désert où l'on tente, sur des enfants, une opération-survie, village maudit où se traînent des êtres en décomposition, irruption de troupes étranges, émanant d'un pouvoir policier - mais, aussi, au coeur de ce monde que ronge une mort hideuse et sournoise, le narrateur et sa soeur, leurs relations inquiètes, les conflits avec un frère et un père : le roman d'anticipation, on le pressent, ne constitue ici que le langage électif d'une culpabilité diffuse. Et c'est alors que cette fiction cède, d'où le décrochement - la chute - qui apparaît dans le cours de la narration. La honte se cherche un autre cours, un autre lieu, déplacé dans un univers plus proche, semble-t-il. Mais ce n'était qu'un détour. Dans la dernière partie, la parole se recentre, remonte à son jaillissement même, dans la répétition, obsédante et balbutiante, de ses images les plus élémentaires. C'est, on le voit, une entreprise fascinante que celle de Didier Pemerle. A travers son acharnement même, son écriture à la fois ample et figée, elle nous reconduit à ce creuset incandescent où s'échangent l'écriture et le désir.

  • Dans le cours de son enfance et au-delà, le narrateur tente ici d'échapper à l'univers resserré qui l'entoure, un univers à la fois lointain et étouffant, empli de la présence d'un vieux couple dont la vie semble ne plus être que rancoeur lancinante, anxiété trouble et sourde cruauté à l'égard de tout. Au travers d'images, de visions et surtout d'une rencontre particulière, l'adulte (et l'enfant qu'il fut) cherche peut-être avant tout à voir prendre corps un être lumineux et invulnérable, qui le délivrerait du tumulte de sa nuit intérieure. C'est une recherche hasardeuse et difficile. L'homme chargé d'incarner le mythe ne fait jamais que de trop brèves apparitions. C'est un être de fuite. Et puis, et surtout sans doute, celui qui attend ne se sent pas prêt au fond de lui-même pour une telle rencontre. Les entraves intérieures sont nombreuses, profondes et résistantes. En cherchant à les renverser, leur prisonnier ne parvient qu'à les consolider, s'enfonçant lui-même peu à peu dans un isolement total. Et quand apparaît une dernière fois l'homme attendu, il ne le reconnaît plus. Il ne voit plus en lui qu'un être fragile, incertain, inquiet, comme les autres, comme les proches étrangers, un être de brume froide, et bientôt une absence sans visage dans un monde à la fois hostile, dur et inconsistant.

  • Zoé en mai se passe en décembre, le 31 très exactement. Zoé aime Antoine, mais celui-ci est marié et c'est avec Albert qu'elle vit. Bref, Zoé n'est pas là où elle voudrait être. Mais où est-elle au juste ? Contrairement à ce que l'on croit, le temps, en nous, est une substance réversible et ultra-gonflable. Une substance fragile aussi : une tension trop grande et il explose, puis s'éparpille. Or, en cette Saint-Sylvestre, les épreuves n'épargnent pas Zoé. Elle s'ouvre le crâne sur le buffet Henry II d'Antoine. Après quoi, il lui faut rentrer, fiévreuse et recousue, pour célébrer l'An nouveau avec Albert et un couple d'amis. Ce réveillon, prosaïque et pesant, lui devient très vite insupportable. Elle est assaillie par les images de bonheur avec Antoine. Puis une petite boîte qui, appartînt à sa mère, Tania, la fait basculer du côté des souvenirs et de l'enfance. Le passé et le futur progressivement l'animent comme une houle, que traverse le bavardage, toujours plus insolite, des invités... Tel est ce jeu du coeur et du temps où nous introduit Odile Barski, au gré d'une écriture tour à tour nonchalante et vive, qui sait, à l'occasion, adresser un salut malicieux à Raymond Queneau. Un jeu subtil et cocasse, certes. Mais, plus encore peut-être, un jeu cruel et déchirant, qui confère à ce livre primesautier son goût secret de cendres et de larmes.

  • Zoé en mai se passe en décembre, le 31 très exactement. Zoé aime Antoine, mais celui-ci est marié et c'est avec Albert qu'elle vit. Bref, Zoé n'est pas là où elle voudrait être. Mais où est-elle au juste ? Contrairement à ce que l'on croit, le temps, en nous, est une substance réversible et ultra-gonflable. Une substance fragile aussi : une tension trop grande et il explose, puis s'éparpille. Or, en cette Saint-Sylvestre, les épreuves n'épargnent pas Zoé. Elle s'ouvre le crâne sur le buffet Henry II d'Antoine. Après quoi, il lui faut rentrer, fiévreuse et recousue, pour célébrer l'An nouveau avec Albert et un couple d'amis. Ce réveillon, prosaïque et pesant, lui devient très vite insupportable. Elle est assaillie par les images de bonheur avec Antoine. Puis une petite boîte qui, appartînt à sa mère, Tania, la fait basculer du côté des souvenirs et de l'enfance. Le passé et le futur progressivement l'animent comme une houle, que traverse le bavardage, toujours plus insolite, des invités... Tel est ce jeu du coeur et du temps où nous introduit Odile Barski, au gré d'une écriture tour à tour nonchalante et vive, qui sait, à l'occasion, adresser un salut malicieux à Raymond Queneau. Un jeu subtil et cocasse, certes. Mais, plus encore peut-être, un jeu cruel et déchirant, qui confère à ce livre primesautier son goût secret de cendres et de larmes.

  • A la fois figés et toujours renaissants, les mythes sont des paysages à l'infini, aux perspectives innombrables. Ils attendent, dirait-on, le regard qui les recomposera, la sensibilité qui leur redonnera sens. Dédale et Pasiphaé, Ariane et Icare : ce sont de vieilles connaissances que Gérard Bonal vient réveiller, avec une sorte de tendre allégresse. Tous quatre débarquent sur l'île de Kallisté, où Minos a exilé sa femme, après ses amours scandaleuses, ainsi que son architecte, soupçonné de quelque complicité dans l'affaire. Les deux enfants suivent - ils y sont bien forcés. Sur cette terre où Dédale, autrefois, a construit une ville modèle, mais qu'une éruption volcanique a totalement ravagée, il va falloir survivre. Dédale et Pasiphaé - deux vieux cabots, convenons-en, obsédés par l'idée de soigner leur sortie - décident de monter une affaire commerciale, en plumant, pour commencer, les oiseaux migrateurs qui survolent l'île. Mais Ariane et Icare, prisonniers malgré eux, ne rêvent, pour leur part, que de s'enfuir, de secouer le joug des parents, d'échapper à la pétrification du vieux monde conservateur, bref, de vivre... Pour cela, il suffira de l'amour d'un bel homme, Thésée par exemple, habile à dévider le labyrinthe intérieur où Ariane a refoulé ses minotaures ; ou d'un bond prodigieux, qui élèvera Icare au-dessus du vieux monde... Telle est, sur un thème ancien, la variation subtile que tisse Gérard Bonal, d'une plume à la fois lyrique et légèrement impertinente, à la manière, un peu, des peintres d'autrefois : les scènes et les registres, ici, se juxtaposent souplement, pour composer un paysage d'ensemble aux multiples entrées, dont notre esprit s'enchante et qu'il réinvente sans cesse.

  • En épigraphe de son roman, Didier Pemerle cite Maurice Blanchot : "Thomas, aussi, regarda ce flot d'images grossières, puis quand ce fut son tour, il s'y précipita, mais tristement, désespérément, comme si la honte eût commencé pour lui." Le narrateur d'Un monument au mont Gerbier-de-Jonc, de même, se précipite dans les images surgies du plus profond de lui, afin de les affronter. Il s'efforce, dans un premier temps, de leur imposer la distance fragile d'une fiction, de les maintenir dans l'ordre précaire du récit. Lendemains de guerre atomique, building en plein désert où l'on tente, sur des enfants, une opération-survie, village maudit où se traînent des êtres en décomposition, irruption de troupes étranges, émanant d'un pouvoir policier - mais, aussi, au coeur de ce monde que ronge une mort hideuse et sournoise, le narrateur et sa soeur, leurs relations inquiètes, les conflits avec un frère et un père : le roman d'anticipation, on le pressent, ne constitue ici que le langage électif d'une culpabilité diffuse. Et c'est alors que cette fiction cède, d'où le décrochement - la chute - qui apparaît dans le cours de la narration. La honte se cherche un autre cours, un autre lieu, déplacé dans un univers plus proche, semble-t-il. Mais ce n'était qu'un détour. Dans la dernière partie, la parole se recentre, remonte à son jaillissement même, dans la répétition, obsédante et balbutiante, de ses images les plus élémentaires. C'est, on le voit, une entreprise fascinante que celle de Didier Pemerle. A travers son acharnement même, son écriture à la fois ample et figée, elle nous reconduit à ce creuset incandescent où s'échangent l'écriture et le désir.

  • Dans le cours de son enfance et au-delà, le narrateur tente ici d'échapper à l'univers resserré qui l'entoure, un univers à la fois lointain et étouffant, empli de la présence d'un vieux couple dont la vie semble ne plus être que rancoeur lancinante, anxiété trouble et sourde cruauté à l'égard de tout. Au travers d'images, de visions et surtout d'une rencontre particulière, l'adulte (et l'enfant qu'il fut) cherche peut-être avant tout à voir prendre corps un être lumineux et invulnérable, qui le délivrerait du tumulte de sa nuit intérieure. C'est une recherche hasardeuse et difficile. L'homme chargé d'incarner le mythe ne fait jamais que de trop brèves apparitions. C'est un être de fuite. Et puis, et surtout sans doute, celui qui attend ne se sent pas prêt au fond de lui-même pour une telle rencontre. Les entraves intérieures sont nombreuses, profondes et résistantes. En cherchant à les renverser, leur prisonnier ne parvient qu'à les consolider, s'enfonçant lui-même peu à peu dans un isolement total. Et quand apparaît une dernière fois l'homme attendu, il ne le reconnaît plus. Il ne voit plus en lui qu'un être fragile, incertain, inquiet, comme les autres, comme les proches étrangers, un être de brume froide, et bientôt une absence sans visage dans un monde à la fois hostile, dur et inconsistant.

  • Afin, peut-être, de ne plus jamais se sentir séparé d'elle, un enfant cherche à devenir la femme qu'il admire. Il se forge ainsi un bonheur singulier où se mêlent de douloureux émois à l'égard des hommes qu'aimera cette femme, auprès de lui. Il est le maître d'un monde clos, à l'écart des autres, et, où, seul, le rêve, tel une île mouvante, le porte. La maladie lui sera un véritable refuge contre tous. Mais si elle le libère des contraintes du dehors, elle décompose bientôt les magies de l'enfance. Petit à petit, au fil du temps, la déesse devient pitoyable... Dans ce livre grave et secret, le héros ne raconte, ni ne se raconte : c'est d'ailleurs que vient cette voix qui nous trouble, de ce lieu mystérieux qui chuchote en nous, où nous aimons, souffrons et mourons a nous-même, au bout de quoi, il y a un jour, irrémédiablement, l'homme que nous sommes...

  • La vie - comme la ville - se dérobe parfois sous nos pas. Entre nos mains surgit l'horreur d'un autre monde, grouillant de rats, éclatant de solitude, brûlant des ratages inavoués de nos amours. Cette fille provocante, cette danseuse nue, cette lanceuse de couteaux qu'évoque Gérard Bonal dans ce premier livre, elle est bien la source de nos blessures. Il faudra qu'à son tour, au terme d'une nuit dont la folie est comme inspirée, elle laisse percer tous ses secrets, la matière même de notre désir, de notre quête de bonheur. Gérard Bonal se montre ici, d'emblée, un écrivain rare, étonnamment maître de son écriture, dont le lyrisme glacé plonge dans nos ténèbres des racines avides d'essentiel.

  • Deux agents secrets, une jeune fille et une vieille présidente, un affreux savant et une usine à décerveler les nègres, beaucoup de sang et pas mal de cadavres, une révolution politique et un accident cosmique, bref de l'amour, de la mort et des rebondissements sans nombre : voilà, en somme, tout l'apparat fantastique du roman d'espionnage. Ce roman-là, c'est ce que Didier Pemerle a choisi de faire, pour précisément ne pas le faire. Comme les peintres du "pop art", il n'épouse les données les plus savoureusement communes de l'imaginaire que pour en faire éclater l'insolite. Dans ces machineries qui démarrent toutes seules, il a installé sa propre dynamite, celle d'un lyrisme agressif et forcené, splendide par son outrance même. Tout explose, alors, et tout se recompose pour une nouvelle lecture, la plus salubre qui soit, portée par une écriture haletante comme un souffle coupé. Assise devant un décor de tempête : beau comme la rencontre de Lautréamont et de Tex Avery au pays de James Bond.

  • La vie - comme la ville - se dérobe parfois sous nos pas. Entre nos mains surgit l'horreur d'un autre monde, grouillant de rats, éclatant de solitude, brûlant des ratages inavoués de nos amours. Cette fille provocante, cette danseuse nue, cette lanceuse de couteaux qu'évoque Gérard Bonal dans ce premier livre, elle est bien la source de nos blessures. Il faudra qu'à son tour, au terme d'une nuit dont la folie est comme inspirée, elle laisse percer tous ses secrets, la matière même de notre désir, de notre quête de bonheur. Gérard Bonal se montre ici, d'emblée, un écrivain rare, étonnamment maître de son écriture, dont le lyrisme glacé plonge dans nos ténèbres des racines avides d'essentiel.

  • Deux agents secrets, une jeune fille et une vieille présidente, un affreux savant et une usine à décerveler les nègres, beaucoup de sang et pas mal de cadavres, une révolution politique et un accident cosmique, bref de l'amour, de la mort et des rebondissements sans nombre : voilà, en somme, tout l'apparat fantastique du roman d'espionnage. Ce roman-là, c'est ce que Didier Pemerle a choisi de faire, pour précisément ne pas le faire. Comme les peintres du "pop art", il n'épouse les données les plus savoureusement communes de l'imaginaire que pour en faire éclater l'insolite. Dans ces machineries qui démarrent toutes seules, il a installé sa propre dynamite, celle d'un lyrisme agressif et forcené, splendide par son outrance même. Tout explose, alors, et tout se recompose pour une nouvelle lecture, la plus salubre qui soit, portée par une écriture haletante comme un souffle coupé. Assise devant un décor de tempête : beau comme la rencontre de Lautréamont et de Tex Avery au pays de James Bond.

  • Jamais personne avant Gabrielle n'était allé aussi loin, et avec autant d'audace, dans la connaissance et la révélation intime, secrète, d'une femme de notre temps. Il y a en elle une sensibilité extrême, une tendresse exceptionnelle et un don de soi qui libère l'homme, qui le fait grand. Cet amour-là tient du divin. Gabrielle, c'est une femme abattue qui se relève, sourit et s'ouvre pour nous, dans tous les sens du terme. Elle s'ouvre en deux, en trois, en quatre, s'éparpille sous nos yeux... Pour se retrouver, se reconstituer, elle écrit, découvrant, sans le savoir, une musique nouvelle, suave, émouvante de beauté. Elle écrit pour revivre, pour redevenir, et c'est alors qu'elle se dynamite Explosion tragique d'une saveur fantastique, d'une sincérité absolue, désespérée, ou l'enfant devient femme, rompt ses limites et rejoint les profondeurs abyssales du destin humain.

  • Afin, peut-être, de ne plus jamais se sentir séparé d'elle, un enfant cherche à devenir la femme qu'il admire. Il se forge ainsi un bonheur singulier où se mêlent de douloureux émois à l'égard des hommes qu'aimera cette femme, auprès de lui. Il est le maître d'un monde clos, à l'écart des autres, et, où, seul, le rêve, tel une île mouvante, le porte. La maladie lui sera un véritable refuge contre tous. Mais si elle le libère des contraintes du dehors, elle décompose bientôt les magies de l'enfance. Petit à petit, au fil du temps, la déesse devient pitoyable... Dans ce livre grave et secret, le héros ne raconte, ni ne se raconte : c'est d'ailleurs que vient cette voix qui nous trouble, de ce lieu mystérieux qui chuchote en nous, où nous aimons, souffrons et mourons a nous-même, au bout de quoi, il y a un jour, irrémédiablement, l'homme que nous sommes...

  • Jamais personne avant Gabrielle n'était allé aussi loin, et avec autant d'audace, dans la connaissance et la révélation intime, secrète, d'une femme de notre temps. Il y a en elle une sensibilité extrême, une tendresse exceptionnelle et un don de soi qui libère l'homme, qui le fait grand. Cet amour-là tient du divin. Gabrielle, c'est une femme abattue qui se relève, sourit et s'ouvre pour nous, dans tous les sens du terme. Elle s'ouvre en deux, en trois, en quatre, s'éparpille sous nos yeux... Pour se retrouver, se reconstituer, elle écrit, découvrant, sans le savoir, une musique nouvelle, suave, émouvante de beauté. Elle écrit pour revivre, pour redevenir, et c'est alors qu'elle se dynamite Explosion tragique d'une saveur fantastique, d'une sincérité absolue, désespérée, ou l'enfant devient femme, rompt ses limites et rejoint les profondeurs abyssales du destin humain.

  • Dans Paris relevé tant bien que mal de ses ruines, un homme, le narrateur, voit passer trois jours de sa vie.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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