• Phénicien, araméen, hébreu, grec, latin, étrusque, berbère, arabe, turc, espagnol, italien, français : ces langues du pourtour méditerranéen nous parlent de l'histoire de ce continent liquide. Elles sont d'abord la trace des empires et puissances qui se sont succédé en Méditerranée, mais aussi celle du commerce des hommes, des idées et des denrées, qui ont constitué cet espace en un ensemble homogène. Ce livre se fondant sur une approche sociolinguistique et géopolitique, prend donc les langues, « linguae nostrae », comme le fil rouge de cette histoire. Car les langues et les mots ont une mémoire. Ils sont le témoin des interactions, des conquêtes, des expéditions, des circulations. Que ce soit dans les emprunts, la sémantique, les alphabets, ou la toponymie, les traces des échanges au sein de cette mare nostrum sont nombreuses. Du voyage d'Ulysse aux migrations d'aujourd'hui, en passant par les croisades et les échelles du Levant, ces langues ont façonné et habité la Méditerranée, au rythme des événements historiques qui l'ont marquée, et qui en font le laboratoire de l'humanité depuis plus de 3 000 ans.

  • C'est en linguiste de terrain que Claude Hagège a abordé le champ des langues. Son intérêt pour leur réalité vécue, leur chair vive et le terreau d'origine de la parole humaine en font un adepte d'une approche empiricoinductive, aboutissant ainsi à des conclusions d'ordre général à partir d'une matière concrète.

    Les contributions apportées par Claude Hagège en linguistique se fondent sur l'étude de langues sémitiques, africaines, amérindiennes, austronésiennes puis sinotibétaines. Des formes sagittales et du logophorique à la théorie des trois points de vue et l'anthropologie casuelle, c'est toute la richesse et la complexité des langues qui sont ici creusées et révélées. À travers ces travaux, la linguistique s'incarne comme une science humaine à part entière.

  • Jouer avec le langage, c'est en violer les règles, la norme, c'est tirer parti de ses points faibles, de l'ambiguïté, de l'homophonie. Mais calembours et contrepétries, mots-valises, charades, slogans, comptines manifestent tout autant et même plus que le discours conforme à la norme, la compétence linguistique des sujets parlants. Ne peut jouer de et avec la langue que celui qui la possède à fond. Le jeu, la déviance poétique, sont sous-tendus par une analyse linguistique inconsciente qui fait de tous les locuteurs des linguistes qui s'ignorent.
    La linguistique est une chose trop sérieuse pour être confiée aux seuls linguistes et c'est l'Alice de Lewis Carroll qui ouvre ici au lecteur la voie d'une réflexion non conformiste sur le langage, conduisant à un exposé des thèmes majeurs de la linguistique.
    On peut tout apprendre du langage en général et des langues en particulier à travers l'humour, le jeu, la poésie. Telle est la conviction qui porte ce livre : il propose aux non-spécialistes une introduction inattendue mais rigoureuse à la science du langage.

  • Un panorama complet des penseurs du langage à travers les siècles.
    Comment comprendre les langues ?
    Un indispensable pour les étudiants en sciences humaines (linguistique, sociologie, philosophie,...)

    Tous les enfants du monde se mettent à parler sans qu'il soit besoin de leur enseigner à le faire. Il en va du langage comme de la société : nous les pratiquons tous les jours sans avoir besoin d'y penser. La linguistique comme la sociologie sont des sciences récentes. Pourtant, les philosophes n'ont pas attendu leur naissance pour soulever des questions qui, sous des dehors différents, ont traversé les siècles et restent encore ouvertes aujourd'hui. Elles sont au moins au nombre de trois : le langage est-il à l'image de nos pensées ? Quel rapport a-t-il avec la réalité du monde ? Quels sont ses usages légitimes ?

    De telles questions surgissent de la simple tentative de décrire une langue : de quelle réalité le verbe " être " ou le mot " cheval " sont-ils les images ? Au Moyen-Âge, la question de la réalité de la langue donne lieu à une belle querelle, celle des universaux. Elle ne sera suspendue que par la conviction montante de l'origine humaine du langage, et non divine. Le xixe siècle européen place l'étude des langues au centre de ses soucis, au motif qu'elles sont les âmes des peuples qui les parlent. Lorsqu'à quelques dizaines d'années d'intervalle, Charles S. Peirce et Ferdinand de Saussure déplient leurs théories du signe et du sens, l'affaire semble réglée : le langage est une convention humaine, dont les langues sont les réalisations systématiques. Pour autant, les questions soulevées plus de deux mille ans plus tôt ressurgiront, sous d'autres apparences. Le xxe siècle, en effet, voit se déployer un débat entre les partisans d'une vue " mentaliste " du langage et ceux pour qui il est avant tout un des moyens de communiquer et d'agir sur le monde.

    C'est désormais avec l'aide des sciences naturelles et des sciences cognitives que linguistes et philosophes peuvent compter pour éclairer cette question.

  • Ce titre dans son inscription grecque se veut un rappel muet des débuts occidentaux du savoir sur le signe et le sens. La sémiotique, ici, se propose comme le lieu depuis lequel s'articulera une théorie générale des modes de signifier. Visant en même temps à interroger ou à refondre les systèmes linguistiques et logiques par les analyses du sujet et de l'histoire appelées par Freud et Marx, elle se désigne comme une sémanalyse.L'élaboration de la sémanalyse déplaçant les limites du signe, du sens, de la structure, devait nécessairement trouver pour point de départ un " objet exclu de l'ordre du savoir puisque soulignant ses bords: "la littérature" ".

  • Dire que la linguistique est la science du langage est un truisme. Pourtant, tout ici est obscur et facteur de confusions, à commencer par la multiplicité des écoles de linguistique. Mais on peut et doit supposer que, par-delà les différences qui les séparent les unes des autres, il existe un programme général : construire une science du langage. Reste à exposer ce programme dans son détail et à mettre au jour les propositions qui le rendent légitime.
    La première tâche est de reprendre la question à son fondement : si l'on entend la science au sens strict que lui donnait Galilée, la linguistique peut-elle s'en réclamer et se distinguer ainsi des pratiques fort anciennes qu'on regroupe sous le nom de grammaire ? Quel type d'objet est désigné quand on parle de langage ?
    Sur la science, sur le langage, sur la linguistique, sur la grammaire, l'auteur s'est donc proposé de prendre au sérieux toutes les interrogations légitimes, et de montrer comment elles s'articulent.
    Ce livre est l'édition abrégée d'Introduction à une science du langage, paru en 1989 dans la collection "Des Travaux".

  • Heidegger a toujours été en France un sujet brûlant. La publication des Cahiers noirs ainsi que les révélations sur l'édition des OEuvres complètes ont récemment nourri la polémique en apportant de nouveaux éléments à charge. Et si, au-delà de ces débats, on écoutait la langue de Heidegger ? Si on auscultait ses textes ? " Gefolgschaft ", " Einsatz ", " Ereignis " : autant de termes appartenant à la fois au vocabulaire nazi et au système philosophique heideggérien. L'appropriation d'un tel langage marque un engagement profond qui n'a rien d'occasionnel. Cet ouvrage rare et décisif restitue la langue de Heidegger dans l'histoire de l'allemand, de Luther à Fichte. Il dévoile les implications politiques d'une terminologie qui, en passant dans la traduction d'une langue à l'autre, échappent souvent au lecteur français. Une telle contamination constitue symboliquement l'un des événements les plus importants du XXe siècle philosophique, dont on ne finira pas de mesurer la portée et les conséquences.

  • Les hommes ne se contentent pas de parler les langues, ils les rêvent aussi ; et ces rêves prennent des formes diverses : quête chimérique d'une langue primitive mythique (la lingua adamica) ; création utopique d'une langue parfaite, expression pure de la pensée, ou encore de langues universelles que parleront les sociétés idéales de l'avenir ; innombrables fictions proposant des langues imaginaires se situant en des temps ou des espaces lointains ; fantasmes enfin des spirites et des sectes fondamentalistes qui croient communiquer avec les autres mondes ou parler le langage des anges.
    C'est de tous ces rêves, dont certains ont tourné au cauchemar, que Marina Yaguello fait ici l'histoire, rêves qui contredisent l'Histoire mais s'y intègrent, qui s'opposent à la science mais la rejoignent aujourd'hui à travers la théorie des universaux du langage.

  • La vie et l'oeuvre de Georges-Arthur Goldschmidt sont un aller et retour permanent entre l'Allemagne où il naît en 1928 et la France où, devenu français, il s'est installé depuis la guerre. Mais aussi entre l'histoire et la langue de ces deux pays longtemps ennemis. Il écrit le plus souvent en français et traduit de l'allemand. Son oeuvre se partage entre des fictions ou récits, pour certains d'inspiration autobiographique, des essais littéraires, et des traductions devenues fameuses de Nietzsche ou de Peter Handke. Homme de revues, se jouant des frontières des disciplines, il a publié de nombreux articles dans La Quinzaine littéraire, Allemagnes d'aujourd'hui, L'écrit du temps, Europe, Critique, Romantisme, Che vuoi ?. C'est à la découverte de cette activité critique, nourrie par une exceptionnelle acuité et un revigorant nonconformisme intellectuel qu'invite cet ouvrage. Qu'il s'agisse de la langue d'Heidegger, imprégnée de l'idéologie nazie ou de l'oeuvre de Heine, des rapports auteurtraducteur, des difficultés de traduire Freud en français, de l'expression de l'espace dans la littérature, le même esprit libre et la même fraîcheur d'approche se montrent à l'oeuvre.

  • En 1817 s´ouvre à Saint-Louis du Sénégal la première école en français. Jean Dard, l´instituteur qui en est responsable, fait le choix d´apprendre d´abord à écrire et lire aux élèves dans leur langue, le wolof. S´ensuivront de longs débats, parfois polémiques, sur la place des langues africaines dans l´enseignement et le type de pédagogie à appliquer.

    Près de deux siècles plus tard, les pays africains sont confrontés au même type de problèmes. Mais le français s´est en même temps « africanisé », il a pris des couleurs locales, tandis que certaines langues africaines s´imposaient comme langues véhiculaires et que d´autres étaient utilisées dans l´enseignement ou l´alphabétisation.

    C´est cette histoire que retrace Louis-Jean Calvet, s´appuyant aussi bien sur l´analyse de documents d´archives que sur des enquêtes de terrain, brossant le tableau d´une langue désormais partagée, en copropriété, et évoquant ses possibilités d´évolution.

  • Selon la Bible, il fut un temps où les humains, parlant une seule langue, entreprirent de construire une tour jusqu'aux cieux. Pour les punir de leur orgueil, Dieu sema la « confusion des langues » et les hommes, incapables de se comprendre, se dispersèrent. La langue adamique aurait donc été pulvérisée en une multitude de « confettis linguistiques » : 7 000 aujourd'hui à la surface du globe.
    De ce mythe découlent deux idées qui continuent de marquer notre vision des langues : que le plurilinguisme est une malédiction, et qu'il faut une langue commune pour mener à bien une entreprise commune. L'histoire politique des langues est liée à ces deux idées, les uns soulignant le fait que le droit à la langue, même locale et minoritaire, est imprescriptible, les autres invoquant un principe de réalité selon lequel les « grandes » langues sont incontournables.
    Cependant les « confettis de Babel » ne sont pas retombés chacun sur un territoire délimité. Les technologies de l'information et de la communication leur offrent de nouvelles possibilités de diffusion. C'est dans ce cadre qu'apparaît la notion de diversité linguistique et même d'écologie linguistique. Mais la diminution du nombre des langues met-elle en danger la survie de l'espèce humaine ?
    Qu'est-ce que la diversité linguistique ? Comment évalue-t-on le « poids » d'une langue ? Qu'est-ce qu'une langue menacée ? Peut-on parler de minorités audibles comme on parle de minorités visibles ? Toutes les langues doivent-elles être sauvegardées ? Quelles politiques linguistiques développe-t-on pour la défense de cette diversité ? Autant de questions ici abordées de façon approfondie.


  • Un essai de référence sur l'apparition du langage et l'évolution des langues.
    Embrasser d'un seul regard les questions de la formation du langage, celle de son acquisition et celle de l'évolution des langues : tel est le but de cet ouvrage original.

    La recherche sur les origines de la faculté de langage et de sa manifestation diversifiée à travers les langues du monde a beaucoup évolué à partir de la dernière décennie du siècle passé. Trois facteurs ont joué un rôle déterminant : l'imagerie fonctionnelle et clinique du cerveau, le développement de la linguistique informatique, les progrès de l'éthologie, de la psychologie animale (et l'émergence d'une nouvelle science, la biosémiotique) ont mis en doute la spécificité humaine de nombreux comportements.

    À partir de ces nouvelles perspectives, l'auteur se propose d'analyser comment la communication d'abord orale, puis écrite, diffusée par l'imprimerie et démultipliée à l'infini par la technologie informatique, a pu se dégager de la gangue informe des protolangages et gérer efficacement le triple défi de l'intercompréhension, de la mémorisation et de l'émergence de la pensée logique.

    Le livre propose ainsi – à partir de l'analyse de la parole et de la faculté de langage, des mécanismes généraux de la grammaticalisation, et de la diversification des langues – une vision du langage humain comme un monumental système adaptatif complexe.

  • Chapitre I - Introduction à la sémantique et à la pragmatique. Chapitre II - Le rapport entre Chapitre IV - Sémantique de la phrase. Chapitre V - La référence. Chapitre VI - Inférences sémantiques : implication et présupposition. Chapitre VII - Le sens en pragmatique : de la convention à l'inférence. Chapitre VIII - Inférences pragmatiques : implicatures et explicatures. Chapitre IX - Pragmatique lexicale. Chapitre X - Pragmatique du discours. Chapitre XI - Pragmatique et cognition : la théorie de l'esprit. Chapitre XII - Sémantique et pragmatique : où passe la frontière ?

  • « Le fait, pour des gens de France, de vivre sous un climat avec une faune et une flore, des populations, des modes de vie très différents de ceux de l'Europe, a amené au cours de trois siècles de présence française sur ces rivages la création de tout un vocabulaire adapté à ce nouvel environnement », écrivait Raymond Mauny en introduction à ce glossaire de 600 mots (dont beaucoup ne sont plus en usage), paru en 1952 à Dakar et qui, selon Louis-Jean Calvet, esquissait une approche « écolinguistique » avant l'heure. C'est un français « acclimaté » que Mauny entreprend de décrire, non pas ce qu'on appelait alors le « petit nègre », mais la langue qu'employaient « entre eux en Afrique Occidentale française les Européens et l'élite africaine ». Mauny signale les mots venus de l'arabe (marabout, medina, etc.), du tupi (avocat, maringouin...), du mandingue (balafon, banco, etc.), du wolof (bougnoul, karité...), du peul, du portugais (fétiche, palabre...) ou de l'anglais (boy, mangrove...). Bref, il offre une sorte de photographie de l'état de la langue française en Afrique de l'Ouest au début des années 1950, en même temps que l'une des toutes premières descriptions du français d'Afrique. Dans sa préface, Louis-Jean Calvet fait le point sur l'évolution de la linguistique africaine depuis Mauny, dont le travail fut précurseur d'un important courant lexicographique.


  • Un essai de référence sur l'apparition du langage et l'évolution des langues.
    Embrasser d'un seul regard les questions de la formation du langage, celle de son acquisition et celle de l'évolution des langues : tel est le but de cet ouvrage original.

    La recherche sur les origines de la faculté de langage et de sa manifestation diversifiée à travers les langues du monde a beaucoup évolué à partir de la dernière décennie du siècle passé. Trois facteurs ont joué un rôle déterminant : l'imagerie fonctionnelle et clinique du cerveau, le développement de la linguistique informatique, les progrès de l'éthologie, de la psychologie animale (et l'émergence d'une nouvelle science, la biosémiotique) ont mis en doute la spécificité humaine de nombreux comportements.

    À partir de ces nouvelles perspectives, l'auteur se propose d'analyser comment la communication d'abord orale, puis écrite, diffusée par l'imprimerie et démultipliée à l'infini par la technologie informatique, a pu se dégager de la gangue informe des protolangages et gérer efficacement le triple défi de l'intercompréhension, de la mémorisation et de l'émergence de la pensée logique.

    Le livre propose ainsi - à partir de l'analyse de la parole et de la faculté de langage, des mécanismes généraux de la grammaticalisation, et de la diversification des langues - une vision du langage humain comme un monumental système adaptatif complexe.

  • Refus du code social inscrit dès la structure de la langue ; prise sur la substance folle qui en réclame la liberté : le langage poétique est ce lieu où la jouissance ne passe par le code que pour le transformer. Il introduit donc, dans les structures linguistiques et la constitution du sujet parlant, la négativité, la rupture. Il faut lire un tel "langage" comme pratique : avec et à travers le système de la langue, vers les risques du sujet et l'enjeu qu'il introduit dans l'ensemble social. Irruption de la pulsion toujours sémiotique : moment de la négativité, éclatement de la structure signifiante dans le rythme, mise en procès du sujet. Nouvelle disposition du sémiotique dans l'ordre symbolique : temps de la limite, de l'énonciation, de la signification. Inséparables dans leur dialectique, ces deux mouvements font du langage poétique une pratique qui nous entraîne à repenser la logique de toute pratique. Lautréamont et Mallarmé sont les noms que porte, à la fin du XIXe siècle, cette expérience bouleversant la phonétique, le lexique, la syntaxe, les relations logiques, en même temps que l'"ego transcendantal". Dans la crise de l'Etat bourgeois, du droit paternel, de la religion, un sujet et son discours, qui se maintenaient depuis deux mille ans, s'effondrent. L'avant-garde du XXe siècle opère, en l'approfondissant, depuis cette révolution.

  • "Elle est vraiment grave, la nouvelle prof", se plaint votre fille.
    "Je milite sur le treizième", annonce votre voisin.
    "Il faut dégraisser le mammouth", proclame le ministre.
    "Je me suis permise de vous appeler", dit la dame trop polie.
    "Il appelle genre trois fois par jour", s'étonne votre amie.
    "Mon ordinateur a encore planté", se lamente votre fils.
    Conçu dans le même esprit que En écoutant parler la langue (Le Seuil, 1991), dont il se présente comme une suite, ce recueil de vingt-quatre essais explore de Petits Faits de langue - lexicaux, syntaxiques, stylistiques ou phonétiques - qui constituent autant d'indices de l'évolution du français aujourd'hui. Le sentiment dominant en France est de considérer le changement linguistique comme une décadence. Position illogique et absurde puisqu'une langue ne survit que par le mouvement qui l'anime.

  • L'écrivain et philologue Victor Klemperer (1881-1960) a le premier recensé au quotidien dans son journal les manipulations opérées sur la langue allemande par le régime nazi : abondance d'abréviations donnant le sentiment d'appartenir à un groupe d'initiés, profusion de termes techniques mécanisant l'homme, tendance à décrire la société en termes organiques.
    Alors que certains régimes continuent à tordre le langage pour les besoins de leur idéologie, il devenait urgent de redécouvrir l'oeuvre de Klemperer. C'est à cette entreprise que s'est consacré le colloque de Cerisy.
    Linguistes, sociologues, psychanalystes, anthropologues, confrontent ici l'oeuvre de Klemperer à d'autres pensées politiques et explorent, de l'Italie de Mussolini aux dictatures d'Amérique du Sud en passant par les régimes de la Corée du Nord, les caractéristiques de cette langue qui appelle au meurtre et à l'anéantissement de toute altérité. C'est un langage mort, figé, altéré dans sa capacité de signifier, de dire le différent que découvrent ces enquêtes sur divers types de régimes de coercition et de terreur, ainsi que sur les manifestations discursives de leur violence inouïe.
    Une relecture de l'histoire des régimes totalitaires dans le sillage de l'auteur de la Langue du IIIe Reich.

  • Qu'est-ce que le langage ? Comment fonctionne-t-il ? Quels sont les liens entre le langage et la pensée ? Comment se fait l'acquisition du langage chez l'enfant ? Comment se forment et évoluent les langues ? D'où vient le sens des mots ?Autant de questions auxquelles répond cet ouvrage, réalisé par un ensemble de spécialistes - linguistes, philosophes, psychologues, neuroscientifiques, historiens. En présentant les différentes théories qui ont marqué l'histoire de la linguistique et de la communication, ainsi que les acquis de la psychologie et des neurosciences, il constitue un outil de référence pour tous ceux qu'intéresse la communication humaine dans toute sa complexité.

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